Trois questions à …

…Brigitte Proucelle

A l’issue du premier débat de Médiactuelles, le 10 novembre dernier à Sud Ouest, les étudiants en journalisme à l’IJBA ont réalisé divers travaux, vidéo, interview.

Nous les publions avec plaisir.

 

 Image 8

« Avoir des femmes à certains postes est une garantie d’efficacité »

 

 

Vous êtes directrice générale des affaires culturelles et directrice générale adjointe des services de la mairie de Bordeaux. Que faites-vous pour promouvoir le leadership des femmes au sein de la culture ?

 

Quand je suis arrivée, il y avait beaucoup d’hommes qui avaient du mal avec le fait d’être dirigés par une femme. Il a fallu du temps pour leur faire comprendre que ma qualité de femme ne changeait en rien ma manière de diriger. Ils la considéraient rigide venant de ma part alors qu’elle leur paraissait normale venant d’un homme.

Je suis volontairement allée chercher les femmes les plus performantes pour travailler dans mon équipe. Avoir des femmes à certains postes est une garantie d’efficacité. Lors des réunions, je remarque bien que, sur la façon de creuser une problématique ou un dossier, les hommes sont plus légers. Ils vont moins en profondeur.

 

Quelle place donnez-vous aux femmes artistes à Bordeaux ? Essayez-vous de mettre en place une certaine parité ?

Longtemps les femmes ont été interdites de création. Elles ne pouvaient pas accéder à l’art.

Les choses ont beaucoup changé aux XXe et XXIe siècles.

A Bordeaux, les artistes femmes comptent beaucoup : Catherine Marnas à la tête du TNBA, Laure Terrier en danse, Sabine Delcourt pour la photographie, Rusta Luna en art plastique, etc. Il y a une pléthore de femmes artistes et il n’y a désormais plus aucune différence avec les hommes. Enfin presque. Il y en a quand même quelques unes entre les hommes et les femmes des arts de la scène qui sont en intermittence. Ce statut discrimine énormément les femmes notamment au moment des grossesses. Ça c’est un vrai problème et c’est l’État qui l’induit. C’est à lui d’avancer sur cette question là.

Il y a aussi certaines formes d’art qui restent très masculine comme le street art… 

C’est vrai. L’investissement du corps dans l’espace public est quelque chose de primordial. Les hommes arrivent avec leurs bombes et investissent physiquement l’espace pour faire leurs graffs. Je vais vous donner un exemple. En amenant mon fils de 11 ans au skate parc, j’ai vu un dimanche matin arriver une très jeune fille qui glissait merveilleusement bien. Les garçons tournaient autour. Petit à petit ils l’ont asphyxiée physiquement. Inconsciemment ou consciemment, je ne sais pas. Elle ne pouvait plus avancer et elle est partie. Il se passe la même chose dans le Street art.

Tout cela s’explique d’abord par l’éducation. J’ai une fille et un garçon et c’est un long travail que d’expliquer à l’un et à l’autre l’égalité des sexes. Ni l’un ni l’autre ne doit empiéter sur l’espace de l’autre.

Propos recueillis par Manon Derdevet et Audrey Dumain

Brigitte Proucelle est l’intervenante présente à la gauche de Marie Christine Lipani ( photo Thierry David, Sud ouest)

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