MC Lipani #15: femmes et médias, une autre représentation est possible

Le bloc notes de Marie Christine Lipani #15/21-11-2016

 

Femmes et médias : oui, une autre représentation est possible

 

 Un appel aux rédactions pour ne plus banaliser les violences faites aux femmes

 

A l’occasion de la journée internationale contre les violences faites aux femmes qui aura lieu le 25 novembre prochain, le Collectif Prenons la Une, qui se mobilise pour une meilleure représentation des femmes dans les médias, vient de proposer une série de recommandations à l’attention des rédactions afin d’améliorer le traitement médiatique des violences faites aux femmes. En effet, la plupart du temps, ces violences sont évoquées d’une manière légère, voire « anecdotique », de telle sorte que cela semble minimiser la responsabilité de l’agresseur. Le Collectif insiste sur la nécessité, entre autres, de bannir des termes comme « crime passionnel », ou « drame conjugal », qui n’ont aucune valeur juridique. Rappelons que chaque année, en France, 216 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur partenaire intime, et, selon le Ministère de l’Intérieur, 122 femmes, en 2015, sont décédées, à la suite des violences de leur conjoint. « Comment raconter ces évènements de la manière la plus juste ? », telle est la question majeure posée par les membres de Prenons la Une. Le guide proposé aux journalistes réunit onze recommandations très concrètes comme par exemple le fait « de ne pas donner de précisions sur les vêtements de la victime, son physique ou ses habitudes qui pourraient induire qu’elle est responsable de son agression ». Ce guide est aussi une façon de questionner, d’une part, la responsabilité des médias vis à vis des victimes et, d’autre part, la manière dont le discours de la presse signifie et les représentations qu’il diffuse. Plusieurs médias ont déjà pris l’engagement de suivre ces recommandations.

 

http://prenons-la-une.tumblr.com/

 

 

Un robot « genre » analyse la présence des femmes dans les journaux

 

Un analyste Suédois Max Berggren, a mis au point un programme informatique « Prognosis Genderbot » qui scanne et lit les articles de presse de plusieurs pays dont la France, et ainsi repère la présence des femmes et des hommes dans les médias. Sans surprise, les hommes sont largement plus cités et représentés que les femmes. Cet outil est une façon concrète de montrer l’invisibilité des femmes dans les médias. Aux médias, maintenant, de rectifier le tir.

 

Source : libération.fr

(16/11/2011)

 

 

Croiser les approches et en finir avec l’invisibilité des femmes dans les médias

 

Le colloque « L’Invisibilité des femmes dans les médias. Déconstruction des mécanismes d’exclusion », organisé les 3 et 4 novembre dernier par un collectif de chercheurs de l’université Bordeaux Montaigne (Viviane Albanga, Jean-François Brieu, Marie Christine Lipani, Rayya Roumanos) au sein de l’Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA), en partenariat avec le laboratoire MICA (Art, Médiation, Information, Communication/ EA 4226 – Université Bordeaux Montaigne), le quotidien régional Sud Ouest, TV7 (Groupe Sud Ouest), le Club de la Presse de Bordeaux et Médiactuelles-Les ateliers de l’égalité, a apporté un éclairage assez précis sur la place des femmes dans les médias. Différents aspects ont ainsi été abordés : la visibilité des femmes actrices de médias et des entreprises de presse, la place des expertes, le rôle de la presse féminine, de la presse féministe, la médiatisation des créatrices, celle du sport féminin, les cas à l’international…… Chercheurs, acteurs de terrain et  journalistes ont croisé leurs regards et leurs approches et ont interrogé ensemble la représentation des sexes dans les discours médiatiques et surtout la manière de produire une représentation plus équilibrée. Cette question de la place des femmes dans les médias est essentielle car la presse demeure un agent moderne de socialisation et diffuse des modèles. Toutes les études montrent que le monde qui se donne à voir dans les médias est essentiellement masculin (Etude GMMP 2015, Etude Pressedd 2016…). Les femmes expertes par exemple, mais aussi les femmes à la gouvernance des titres de presse régionaux constituent d’une certaine manière un genre quasi invisible. Par ailleurs, les femmes sont encore trop représentées uniquement dans la sphère familiale alors que les hommes appartiennent presque toujours au monde de l’action et du pouvoir. Le chemin vers une représentation juste et équilibrée est sans aucun doute encore long, cependant l’organisation de telles journées de réflexion dans une école de journalisme dont le cursus est reconnu par les professionnels, demeure un symbole fort, le signe d’un vrai engagement. Les formations en journalisme jouent un rôle majeur dans la transmission d’une véritable culture de l’égalité ente les sexes pour qu’on puisse (enfin) en finir avec cette sous-représentation des femmes dans les médias qui n’est en rien le reflet de notre société.

 

http://ijba.u-bordeaux-montaigne.fr

 

 

@McLipani

 

 

 

 

 

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