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Femmes en première ligne …

Ce document est d’usage privé pour les adhérent.e.s de Médiactuelles et les personnes présentes à la conférence du SII, Arcachon, le 18 novembre 2017.

L’origine des citations et photos est signalée par lien vers les sites propriétaires ou diffuseurs.

BONNE LECTURE.

 

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A chacun ses mots clés …

####Femmes, égalité, solidarité, développement !

Aujourd’hui, en 2017, nous pouvons encore nous poser la question :

« Quand des femmes sont élues à des postes politiques, les politiques sont plus variées et sensibles à la dimension du genre. La santé, l’éducation et le bien-être social s’améliorent, des progrès sont visibles en termes de gouvernance et de lutte contre la corruption », a déclaré le commissaire.

Femmes victimes ? ou moteurs des sociétés ? Où en est le féminisme ?

Cette question est de pleine actualité. Ici même, en France, où La déclaration des droits de l’homme…(et de la femme…dans le souvenir de la militante Olympe de Gouges)… constitue la règle du jeu en vigueur dans cette république laïque, la question n’est pas réglée pour autant.

(Que dire alors de régimes politiques où la notion même de démocratie est étrangère !)

Elle est posée chaque jour avec une violence qu’on aurait pu croire dépassée. Mais aussi avec une gravité qui rappelle les grands enjeux du développement et de la paix dans le monde.

LES FEMMES DANS L’ACTUALITE

Quelques exemples récents,

  • La manifestation de protestation des « Femen » le 30 octobre dernier, à Paris, à la Cinémathèque, lors de l’hommage rendu au réalisateur de cinéma Roman Polanski. Dans le contexte de la dénonciation du harcèlement et des violences sexistes, ces femmes ont fait irruption aux cris de « pas d’honneurs pour les violeurs », seins nus et tagués, selon leur image de marque.

– Les Femen, sont un mouvement d’activistes féministes, né en Ukraine en 2008, contre ce qu’elles désignent comme la dictature russe du président Poutine. ( Image, de manifestation devant une mosquée salafiste à Berlin). Leur style leur attire de nombreuses critiques. « Selon leurs détracteurs.rices, le mode d’action des Femen est basé sur la  la provocation et la prise de risques« … Dans un billet sévère, Lydia Guirous, féministe française engagée chez Les Républicains*, lors de l’emprisonnement de trois tunisiennes « seins nus », dénonce une idéologie néocoloniale, raciste et ethno-centrée.. ».Les meilleures ennemies du féminisme » selon elle. ( Décrite comme « passionaria de la laïcité, auteur de « Allah est grand, la République aussi ».

  • Au même moment ( 27/10), avait lieu à Bruxelles la réunion du Forum Crans Montana for Africa’s Women . Cette organisation non gouvernementale née en Suisse oeuvre pour la promotion et l’autonomisation des femmes à l’échelle mondiale. La session belge récente avait pour thème le rôle et la lutte des femmes contre la radicalisation de la jeunesse et l’émigration incontrôlée. La déléguée de la Lybie a dressé un tableau particulièrement sombre des camps de migrants.

http://www.cmf.ch/index.php?page=9&news=1355

Sur  les violences faites aux femmes et aux enfants dans les camps de migrants en France, Voir aussi le rapport accablant de l’ONG Gynécologie sans frontières,.

« Selon nos observations sur le terrain, 70% environ des femmes ont été victimes de violences », explique Richard Matis, le vice-président de GSF.

« Prostitution imposée, viols, violences conjugales font partie du voyage » pour ces victimes dont « nombre d’entre elles sont obligées de vendre leur corps pour payer les passeurs », ajoute l’association dans un communiqué. » ( La Dépêche, mars 2017)

https://www.valeursactuelles.com/societe/violences-dans-les-camps-de-migrants-un-rapport-accablant-72067

Et, en dernière minute… peut-être une bonne nouvelle ?
La COP23 s’intéresse aux femmes avec quelques avancées possibles ?

« Les délégations nationales envoyées aux sommets annuels et aux réunions de préparation devront se féminiser. Les pays dont les équipes seront les plus paritaires auront plus de chance de décrocher des postes de responsabilité dans les organes onusiens traitant du climat. »

http://www.euractiv.fr/section/soci-t/news/cop23-la-cause-des-femmes-progresse-un-peu/

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Les femmes forment 70 % des pauvres, elles possèdent moins de 2 % des terres et reçoivent moins de 5 % des prêts bancaires. Il y a en moyenne dans le monde 16 % de femmes parlementaires et moins de 10 % de chef-fes d’Etat et de gouvernement. Ces inégalités politiques et économiques sont un obstacle à un développement humain durable et équitable.

ADEQUATIONS.org

L’ONU, dans un tableau de référence, apporte tous les chiffres sur tous les sujets qui comptent…du salaire comparatif des femmes, la croissance des entreprises dirigées par les femmes en Afrique,  la question de l’eau, du nucléaire, des migrations, de la décolonisation. http://www.un.org/fr/sections/issues-depth/global-issues-fast-facts/index.html

 

Dans la mondialisation des échanges, des intérêts financiers, et des luttes d’ influences, les conséquences en sont connues : lutte pour les ressources, pour la terre, pour l’eau, pour le pouvoir politique et religieux. Ce qui nourrit la permanence de conflits armés, la menace et les actes terroristes.

Et c’est pour cela qu’elles se battent encore et que dans ces combats pour la liberté et l’autonomie, les femmes sont en première ligne.

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DES FEMMES ENGAGEES

Quelques visages familiers pour en témoigner:

  • Celui de Malala, la jeune fille qui a osé tenir tête aux talibans de retour au pouvoir en Afghanistan, parce qu’elle voulait continuer à bénéficier de l’accès à la connaissance, du droit à l’école.

Prix Nobel de la paix, admise à l’Université de Cambridge, elle poursuit ses études et sert de modèle à l’ensemble des filles et jeunes femmes !

Pour en savoir plus, l’histoire de Malala racontée sur CNews, avec les coordonnées de son autobiographie disponible en livre de poche (« Moi, Malala je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans »)

  • Autre théâtre de conflit, l’Irak et la Syrie où le rétablissement de l’ordre, à défaut de démocratie, montre des femmes qui incarnent l’aspiration à la liberté, à l’indépendance, à l’autonomie:

    C’est le combat des femmes soldats kurdes !

    Photo: Delphine Darmency.

    Les femmes « peshmergas »… les « trompe-la mort » ont une histoire incroyable. On peut lire cet article de SLATE.fr pour savoir comment et pourquoi et avec quel statut elles ont obtenu le droit de porter les armes. Elles se battent pour l’indépendance, la liberté de tous, l’égalité de statut dans la vie redevenue civile. Mais, nous dit-on, c’est l’arbre qui cache la forêt d’une société encore très traditionaliste… voire arriérée… Que vont elles devenir ?

  • Après ce que l’on a appelé Les printemps arabes, un certain nombre de pays se sont refermés. D’autres tentent de difficiles ouvertures. C’est le cas de la Tunisie, un pays proche et familier pour des raisons géographiques et historiques.

Pour sortir de la crise ( mondialisation et attentats contre des sites touristiques) et relancer l’activité générale et touristique, le président tunisien mise sur les femmes. Parmi les mesures tout à fait emblématiques, en totale contravention avec la loi islamique, il projette de modifier la loi sur la transmission du patrimoine : pour promulguer l’égalité dans l’héritage.

Courage ou réalisme ? En Tunisie, actuellement, près de 500 sociétés seraient en difficulté et 120 prêtes à mettre la clé sous la porte. La Tunisie peut-elle se passer de l’intelligence, du talent économique des femmes ? Ainsi, la question de l’égalité est vraiment au coeur de la relance.

Cette question de l’héritage fait l’objet d’une explication en bande dessinée dans le journal en ligne de Jeune Afrique.

 

On y découvre les visages des femmes du collectif 200 intellectuelles en faveur de l’égalité. ( Huffpost Maghreb, 14 sept 2017)

Ne pas imaginer que tout sera résolu pour autant, notamment la question des moeurs, comme l’illustre « l’affaire du bisou ». Un couple surpris en train de s’embrasser en public, à la sortie d’une boite de nuit branchée, a été emprisonné et condamné.

* Cette condamnation intervient, explique  La Libre Afrique du 11 octobre, dans un contexte de débat sur les réelles avancées sociétales du pays. Le 1er octobre, le New York Times a publié une tribune de l’écrivain Kamel Daoud encensant le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, comme une «figure de proue du mouvement réformiste dans le monde arabe» après son soutien à la parité sur le droit à l’héritage et au droit des musulmanes à épouser des étrangers d’une autre confession. La louange a provoqué l’ire d’une partie de la société civile tunisienne ».

Et toujours les « mères de Mayo » en Argentine

Tout le monde a entendu parler des « Mères de la place de Mai ». Dernièrement, à l’initiative de l’association Femmes Solidaires, à La Teste de Buch 33, l’une d’elles est venue en France. Et nous avons pu la rencontrer et l’écouter parler de son action.

Gabriela CONDER

Non seulement Gabriela Conder, avocate pénaliste, ne se « contente » pas de défendre les prisonniers politiques. On sait qu’en Argentine, encore aujourd’hui, quand un opposant dérange, on s’arrange pour le faire disparaître…

Non seulement elle ne s’intéresse pas qu’aux droits des femmes, pour leur émancipation ( beaucoup sont poursuivies pour avortement illégal dans ce pays), ou pour l’obtention de la « légitime défense » des victimes d’agressions sexuelles et viols.

Elle travaille ( travaillait avant les dernières élections) à la direction des infractions environnementales au Ministère de l’Environnement ( paradoxe de ce pays qui est une démocratie dirigée par  les puissances au pouvoir sous les dictatures successives ) …Elle se bat contre la désertification et la pollution-contamination par les pesticides type Monsanto, qui sont en train de détruire les terres cultivables et jettent les peones, les campagnards dans la misère.

Ces femmes défilent tous les jeudis à 15 heures place de mai !
On lui a demandé si elle se sent menacée, si elle craint pour sa vie. Elle a répondu que c’était « asi » – c’est comme ça- et qu’il faut faire avec.

Pour en savoir plus
MERES CONTRE LA DICTATURE revue CLIO (2005)

*

Elles font honneur aux pionnières …

ces employées des chemins de fer en 1943, sportives, résistantes, elles font tourner la machine !

Et même, pour la curiosité,  sur BUZZLY,  la toute première « tatoueuse » !

http://buzzly.fr/portraits-de-femme-qui-ont-fait-change-le-cours- de-l-histoire-pour-toujours.html

 

Sur ces illustrations, il semble qu’il ne soit pas utile de continuer à démonter le rôle, la place et l’héritage de ces femmes … Un combat  au service de la société des hommes,  du genre humain tout entier !

Où sont les femmes ?

Pour mémoire,  la situation des pays en développement, telle que la chiffre l’association ADEQUATIONS. ( On y reviendra)

 » Les femmes forment 70 % des pauvres, elles possèdent moins de 2 % des terres et reçoivent moins de 5 % des prêts bancaires. Il y a en moyenne dans le monde 16 % de femmes parlementaires et moins de 10 % de chef-fes d’Etat et de gouvernement. Ces inégalités politiques et économiques sont un obstacle à un développement humain durable et équitable.

ADEQUATIONS.org

Quelle est la réalité des pays dits développés ?

Selon, la dernière étude de l’IFOP, en collaboration avec  la Fondation Jean Jaurès, de fortes inégalités, (y compris en France), et la persistance de comportements sexistes.

Dernière étude de l’IFOP ( 67% des femmes disent faire l’objet de harcèlement dans la rue ou les transport en commun – 22% des femmes ont déjà eu le sentiment d’être victimes d’une discrimination à l’embauche en raison de leur sexe, contre 7% en 2000)

JJaures Les inégalités femmes-hommes dans la société française | Fondation Jean-Jaurès PDF

Parmi les faits dénoncés:

La discrimination à l’embauche et les difficultés de l’emploi des femmes en raison de leur grossesse.(37% des femmes disent avoir été interrogées sur leur intention d’avoir un enfant ...Le harcèlement de rue et l’insécurité dans les transports ( les 2/3 des femmes se disent concernées)

Une exemple récent : A Lyon, licenciement d’une danseuse retour de maternité, le directeur condamné

…au gouvernement ? à la tête des grandes écoles des grandes écoles ? des multinationales ? sur les stades ?

L’Institut pour la paix d’Oslo, lui aussi, sort à point nommé quelques chiffres actualisés. Et surtout réaffirme : « Mesurer et améliorer la vie des femmes est la clé de la paix et de la sécurité des nations dans leur ensemble ».

***Entendu à la faveur des reportages sur le 11 novembre … un des derniers poilus interrogés dans un ancien reportage pour TF1  » Si les pays avaient été dirigés par des mères, des femmes, il n’y aurait pas eu de guerre… aucune mère ne veut envoyer son enfant à la mort  » ( 11 nov 2017 / TF1 / journal 13 h Jean Pierre Pernaut)

L’I paix d’Oslo, travaille de conserve avec de l’Institut Georgetown pour les femmes, la paix et la sécurité (GIWPS).

Classement mondial du confort des femmes !

Islande, Norvège, Suisse

https://www.rts.ch/info/monde/9034382-la-suisse-en-troisieme-position-des-pays-ou-les-femmes-vivent-le-mieux.html

cf. index de sécurité pour les femmes  https://giwps.georgetown.edu/the-index/ L’indice WPS offre une mesure plus complète du bien-être des femmes en capturant à la fois la paix et la sécurité – et l’inclusion et la justice des femmes – pour la toute première fois.

Exemple de la Suède ( 7/153 ) pour le confort et la sécurité des femmes:  https://giwps.georgetown.edu/country/sweden/

Les grands problèmes vus sous l’angle du genre : https://giwps.georgetown.edu/blog/

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Ce n’est pas, disent les « féministes », parce que…que la question est réglée

parce que des femmes ont été ou sont au pouvoir; parce qu’il existe des société matriarcales, en Afrique ou ailleurs;  parce qu’elles ont le droit d’enfanter à leur rythme et selon leur choix grâce à l’IVG et bientôt la PMA pour toutes ; parce que des femmes ont accès à des rôles inimaginables autrefois, femmes chefs d’orchestre, présidentes d’universités, générales d’armée, pilotes d’avions de ligne, et … même … dans la lignée des femmes pasteurs…femmes rabbin, ou femme imam (cf ci-dessous)…et naturellement ministres…

http://www.francetvinfo.fr/societe/religion/sherin-khankan-la-premiere-femme-imam-scandinave-qui-celebre-l-islam_2424163.html

autre cas aux Etats Unis :

Dr. Amina Wadud (center right) leads a group of women at the first public, mixed-gender Muslim prayer service that was held in New York City, March 18, 2005. Dr. Wadud, is a professor of Islamic studies at Virginia Commonwealth University. The service was held at the Synod House in New York. REUTERS/Jeff Christensen JC – RTR5FFB

http://www.lefigaro.fr/international/2016/09/01/01003-20160901ARTFIG00416-femmes-imams-elles-defient-les-traditions-patriarcales.phpque la situation est réglée…

La véritable « émancipation » de la femme est tout autre chose.

Compter ne suffit pas

Par exemple dans les médias… dont la visibilité et le pouvoir  d’entraînement sont importants. Il y a statistiquement une quasi égalité de représentation. Des nominations récentes et plus fréquentes, l’accès aux postes de décision, semblent conférer aux femmes un vrai pouvoir. Personnellement, j’y vois une évolution appréciable et favorable ( par rapport à mes débuts dans le métier de journaliste). Mais certaines d’entre nous persistent à penser que ces chiffres ou ces titres masquent la réalité… à savoir que le pouvoir reste concentré aux mains des « machos », en particulier dans la presse d’information « classique »! ( MC Lipani, du pouvoir éditorial à Sud Ouest, ACCES RESERVE)

On pourrait se poser la même question avec l’Education nationale. La médecine hospitalière, les entreprises du CAC 40, le sport collectif de haut niveau …A l’aube du 50ème anniversaire de la « révolution » mai 68, on peut se demander si les « mandarins » ne sont pas toujours aux commandes.

  • Les femmes parentes pauvres de la science: 

    C’est semble-t’il le secteur où la pénurie est la plus visible et inquiétante. Alors qu’il y a des places à prendre. d’où cette

Journée internationale de la science le 11 février 2017 

Extrait : Ces 15 dernières années, la communauté internationale a entrepris d’importants efforts pour inspirer et promouvoir la participation des femmes et des filles à la science…Malheureusement, les femmes et les filles continuent d’être exclues et ne peuvent participer pleinement à la science.

et de l’économie

Pour une présidente du Fonds monétaire international ( ou une propriétaire de l’OREAL …combien de chefs d’entreprises… de cadres… de salariées dans des postes décisionnaires ?

Femmes influentes, sondage / 20 minutes 12-11-17 / Christine Lagarde devant B.Macron et A.Hidalgo

http://www.20minutes.fr/societe/2167655-20171112-christine-lagarde-designee-comme-femme-plus-influente-france

Ministère du Travail : Egalité professionnelle femmes/hommes, le cadre légal

  • Les femmes parentes pauvres en politique :

    Encore un long combat à mener ! Titre  FranceInfo Geopolitis, en mars 2015

    Extraits: « Après un rappel du droit de vote en France :1944, et un rappel de la loi du 6 juin 2000 qui instaure la parité …

    • Jusqu’à l’arrivée massive de femmes aux élections départementales en mars 2015 

      Pour combler ce retard, une nouvelle loi a été votée en mai 2013 pour poursuivre l’objectif de parité qui avait commencé à être mis en œuvre depuis 2007. Ainsi, un nouveau mode de scrutin a été appliqué pour la première fois aux élections départementales. Deux conseillers départementaux ont été élus dans chaque canton avec des candidats en binôme, obligatoirement composé d’un homme et d’une femme.

    • A la même époque en Europe : A noter pour commencer que les trois seules femmes leaders de leur pays sur les 27 pays de l’Union sont plutôt du nord. L’Allemande Angela Merkel, la Danoise Helle Thorning-Schmidt et la Lituanienne Dalia Grybauskaité. ……Le seul pays qui fait concurrence à la France, où le gouvernement instauré par Francois Hollande est paritaire, est la Suède. Sur les 24 ministres suédois, 13 sont des femmes. 
    • Contre toute attente, il est intéressant de noter que les pays de l’UE ayant fait partie de l’ancien bloc soviétique comme l’Estonie, la Slovaquie, la Lettonie, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie ne sont pas forcément à la traîne. En Lettonie, les femmes représentent 21% des parlementaires, en Pologne 20,2% et en Slovaquie 19.3%. Quant à l’Espagne, elle se distingue aussi … et par exemple d’un autre pays latin, l’Italie…avec 37% de femmes en politique…un chiffre qui s’explique par la réaction de l’ensemble de la société – tous azimuth, dans un grand besoin d’air frais avec la movida– à la chute du franquisme…« Après le mouvement féministe créé dans le pays dans les années 75, … Le débat de société est tombé dans la sphère politique et le pays a vite donné de vraies responsabilités politiques aux femmes. »
  • Qu’en est-il aujourd’hui : la France bonne élève de l’égalité ?

    French President Emmanuel Macron (C) and Paris Mayor Anne Hidalgo attend a minute of silence after they laid a wreath of flowers in front of a commemorative plaque next to the « A La Bonne Biere » cafe and the Rue de la Fontaine au Roi street, in Paris, France, November 13, 2017, during a ceremony held for the victims of the Paris attacks which targeted the Bataclan concert hall as well as a series of bars and killed 130 people. REUTERS/Philippe Wojazer (Une image révélatrice !)
  • A l’Assemblée nationale- législatives 2017, record battu : 224 femmes sur 577 députés ( France Info )
  • Au gouvernement  la parité exacte:Trombinoscope du gouvernement Philippe2 du Parisien 21 2017-un gouvernement volontariste dans ce domaine avec une forte personnalité en tête d’affiche, Marlène Schiappa à la tête d’un secrétariat d’Etat à l’Egalité Femmes-Hommes… très présente dans le débat public, sur les médias …sur Twitter en particulier où elle commente tout et parfois son contraire… Pour bien montrer que les femmes ont le droit de toucher à tout !
  • pour certains observateurs – exemple la rubrique « Altérité » de l’Opinion, le compte n’est toujours pas bonExtrait: « Emmanuel Macron devrait s’exprimer sur la cause des femmes, le 25 novembre, à l’occasion de la journée sur les violences faites aux femmes. Pour autant, le pouvoir macroniste n’est guère féministe: avec l’élection de Christophe Castaner, le 18 novembre, à la tête de La République en marche, le dispositif politique sera exclusivement masculin. »

http://www.lopinion.fr/edition/politique/macron-sont-femmes-137528

  • Toutefois …Pour mémoire et pour la première fois une femme, une française, Audrey Azoulay à la tête de l’Unesco (2010 /

Voilà un ( relativement) bel édifice français et européen…mais les combats d’arrière-garde n’ont pas dit leur dernier mot.

***

LA SITUATION reste PREOCCUPANTE

En général et sur certains point clés

« Selon les Nations Unies, environ 120 millions de filles à travers le monde ont fait l’expérience de relations sexuelles forcées à un moment ou à un autre dans leur vie. »

A ce sujet, exemple d’un femme en première ligne :

UNHCR Special Envoy Angelina Jolie meets Syrian refugees in the Bekaa Valley, Lebanon in September in this UNHCR handout photo.
REUTERS/UNHCR/Jason Tanner/Handout (LEBANON – Tags: POLITICS SOCIETY ENTERTAINMENT TPX IMAGES OF THE DAY) FOR EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS. THIS IMAGE HAS BEEN SUPPLIED BY A THIRD PARTY. IT IS DISTRIBUTED, EXACTLY AS RECEIVED BY REUTERS, AS A SERVICE TO CLIENTS

Angelina Jolie

http://quebec.huffingtonpost.ca/2017/11/15/angelina-jolie-affirme-que-ces-3-mythes-alimentent-la-violence-sexuelle_a_23278733/

Malgré de véritables progrès dans la plupart des démocraties, des sujets de débats, d’affrontement demeurent, des abcès qui ne demandent qu’à se reformer et éclater.

 C’est le cas de l’IVG et des abus sexuels

-l’IVG

Une synthèse : L’accès à l’avortement ( Le Figaro / 28-09-17) donne ces chiffres : plus de 55 millions d’avortements dans le monde de 2010 à 2014. Et 47.000 décès par an en raison des mauvaises conditions d’exercice.

La France fait figure de pionnière lorsque Simone Veil, dans la tradition féministe française du droit à disposer de son corps (cf. Les trois Simone), fait voter – dans un combat mémorable- le droit à l’avortement.

« Aucune femme ne recourt de gaité de coeur à l’avortement, dit-elle dans son discours resté célèbre, le 26 novembre 1974, devant une assemblée d’hommes. »

(Avec France Info, by Emilie Gautreau, un rappel utile des étapes successives de cette loi)

En novembre 2014, pour le 40ème anniversaire de la loi, l’Assemble nationale est saisie d’un texte pour réaffirmer ce droit. Sept députés votent contre.

« Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant », rappelle la secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, Pascale Boistard, citant Simone De Beauvoir. 

« Les femmes « auraient tort de se croire à l’abri de tout recul », déclare également Najat Vallaud-Belkacem dans une tribune sur le Huffingtonpost

…De son côté, Christine Boutin salue avec ferveur les « sept députés courageux qui ont voté contre la résolution IVG« .

Pour les représentantes du Planning familial, la question n’est pas résolue et l’IVG toujours pas accessible à toutes.

Moyens hospitaliers insuffisants mais aussi, frein des convictions religieuses, dans certains milieux ou communautés, aussi bien dans les milieux catholiques que musulmans et le frein économique.

On compte 200.000 IVG/an en France, chiffre stable depuis 30 ans.

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La loi en vigueur en Pologne, pays majoritairement catholique, autorise l’IVG seulement dans trois cas: risque pour la vie ou la santé de la mère, grave pathologie irréversible chez l’embryon et grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste.

La première ministre vient de rejeter l’avortement dit « eugénique »,( malformation de l’embryon, trisomie 21 ). Le président Andrej Duda ( parti Droit et Justice PiS) indique qu’il signera la proposition de loi dans ce sens, du Comité « Stop Avortement » ( 200.000 signatures)

L’année dernière, le Parlement polonais a rejeté une proposition encore plus restrictive sous la pression de grandes manifestations de femmes dans toutes les villes du pays.
Elle prévoyait des peines de prison pouvant atteindre cinq ans pour les médecins et autres personnes participant à l’IVG, y compris pour les patientes elles-mêmes, mais autorisait le juge à renoncer à punir ces dernières. (l’Orient le Jour.com) »

Aux Etats-Unis, des mesures de restrictions sont aussi d’actualité. En particulier pour limiter l’intervention à 20 semaines de grossesse. L’ambassadrice aux droits des femmes a qualifié l’IVG de génocide.

En Irlande, et Irlande du Nord ( Ulster), la question n’est pas réglée et le droit à l’avortement objet de nouvelles contestations.https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/royaume-uni-la-cour-supreme-examine-les-contestations-relatives-a-la-loi-sur-l

*

-Harcèlement, violences et abus sexuels

Réactivé dernièrement par les révélations du cas Weinstein, magnat du cinéma hollywoodien, le problème du harcèlement et des violences sexuelles empoisonne le climat. Deux mots clés ( hashtag) #balancetonporc et #metoo ouvrent les vannes à un flot de révélations, d’accusations, de délation, selon le point de vue.

A quoi ressemble #balance etc.

(La parisienne, 15-10-17)

Balance ton porc Non Merci

(Maya Khadra, Contributrice de Libération, 19-10-17)

 Quel que soit le régime, le statut des femmes, ce qui commence comme un fait divers a eu (a)  des conséquences imprévues, un véritable déferlement mondial de mises en accusations pour des faits le plus souvent juridiquement prescrits : L’affaire Weinstein, suivie de l’Affaire Tarik Ramadan…et autres célébrités de tous bords… comme un gigantesque jeu de dominos.
A se demander s’il va s’arrêter… et avec quelles conséquences.
Aux Etats Unis, on a vu des tournages de films interrompus par le scandale et des acteurs brutalement écartés. Sans doute à jamais victimes d’oprobre.
 (Un mot d’ordre qui n’a pas eu l’heur de plaire à toutes. Parmi elles Catherine Deneuve !)
Les  femmes continuent d’alimenter ce débat sous toutes les formes., Twitter, blog spécial, médias pour les plus connues…
Pas un jour sans confession.
Les associations tentent de récupérer ce qu’on a appelé la libération de la parole.
 Ainsi à Bordeaux, où le Collectif des femmes a invité à manifester dans la rue, pour ne pas laisser l’affaire aux seuls réseaux sociaux.
Une preuve que le problème est réel et pas du tout fantasmé, voire alarmant, avec ces statistiques publiées par Rue89 Bordeaux en 2015. 
>>> A cet égard l’affaire Tarik Ramadan et le cas de Henda Ayari*
est un incident très révélateur
1/ de la défaillance de la réponse républicaine… le cas de cette femme, divorcée, seule en charge d’enfants, au chômage, en rupture avec sa religion …qui, en plein désarroi… après de longues démarches au Pôle Emploi et autres services d’aide… 2 / ne trouve de refuge que dans les bras d’un prédicateur-philosophe religieux bien connu, encensé de tous, ayant pignon sur rue dans les grands débats et les médias… qu’elle accuse ensuite de viol ! au risque de se prendre le retour de baton, ce qui est le cas, insultes, menaces de mort, accusations de dissimuler un lobbying sioniste … *
On pourrait se croire dans une province reculée du Brésil, adepte du « candomblé » ou des régions où on pratique encore le vaudou ! … Eh bien non: on est en République française dans les années 2010-2020 ! 3/ des guerres intestines qui se jouent à travers réseaux et médias.
Henda Ayari ( « J’ai choisi d’être libre ») accusée à son tour de tentative de manipulation au sommet pour vendre son livre qui ne marche pas.. ( Lire le point de vue de Martine Chapouton, Riposte Laïque)
>>> A propos de ces affaires et du déchaînement d’insanités et invectives qui s’en sont suivies, Il faudra s’interroger sur le poids, le rôle et le contrôle des « réseaux sociaux »… et de médias, accusés de complaisance ou d’aveuglement.

 Facteurs et théâtres d’affrontements, plus que de dialogue, les réseaux sociaux favorisent en effet la libération de la parole… mais quelle parole ? et de toutes les aspirations identitaires, par la libre expression des communautarismes, de militantismes et de propagandes parfois progressistes, le plus souvent réactionnaires. Il faut aujourd’hui des arguments très forts, une grande maîtrise technique, une veille constante, pour contrer les incitations au doute et à la haine, et démasquer les fausses nouvelles armes de propagande.

Une des conséquences de ces forum(s) où sévit le « bashing » ( lynchage) systématique, la démolition en règle des grands piliers de la société (politique, presse et médias, enseignement, médecine…),  est la perte de confiance générale, et en particulier dans la raison d’être des grandes institutions internationales… l’Union Européenne, l’ONU, les ONG.

Interrogeons nous sur les nouveaux panurgismes, liés à la consommation, et aux nouveaux médias ?

***

Nouveaux féminismes

« Mes mensurations sont 2.202 cas de féminicides rapportés dans mon pays durant les 9 dernières années ».

A l’occasion de Miss Perou 2017, les candidates font sensation et substituant à l’annonce de leurs mensurations, les statistiques des « féminicides » cad. les meurtres de femmes, parce qu’elles sont femmes, dans un rapport de domination.

Un concours de beauté, c’est dire que le féminisme est partout où on ne l’attendrait pas !

http://www.rtl.fr/girls/identites/miss-perou-2018-les-candidates-denoncent-les-feminicides-dans-leur-pays-7790761677

Les mouvements féministes n’ont jamais été aussi actifs et divisés.

 

Actifs: A Bordeaux, illustrant les besoins créés par la démographie et l’impact des conflits internationaux, on a vu création récente de

Un collectif des femmes élues des diasporas africaines: ( 2016) http://www.aqui.fr/societes/le-bouscat-naissance-du-collectif-des-femmes-elues-des-diasporas-africaines,13874.html

Pavé Brûlant: un élan de solidarité avec les femmes kurdes :

https://pavebrulant.noblogs.org/post/2017/03/03/le-4-mars-tou-te-s-en-manif-avec-les-femmes-kurdes-de-bordeaux/

L’interdiction du voile dans l’espace public, puis plus récemment du « burkini » à la plage, a réactivé un clivage entre féministes universalistes laïques et diasporas africaines, musulmanes, religieuses, ou égalitaires « à leur manière ». C’est à dire sans renier des convictions traditionnelles.

Parmi les plus connues parce que les plus actives d’un féminisme nouvelle génération :

Lallab ( le laboratoire des femmes) / Le nouveau visage du féminisme musulman :

D’origine marocaine, (la fondatrice) a grandi à Ivry-sur-Seine avant d’intégrer les classes préparatoires à Paris. « Toute ma vie, on m’a fait croire que j’étais une exception parce que j’étais une musulmane émancipée. Comme si c’était rare, regrette-t-elle. C’est un malaise qui grandit avec les médias qui nous représentent constamment comme des femmes soumises, oppressées, victimes et passives. » Française, marocaine, musulmane et féministe, elle s’est toujours sentie tiraillée entre ses multiples identités. « J’avais l’impression que, selon les situations, je ne devais porter qu’une seule casquette à la fois. »

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/05/09/lallab-le-nouveau-visage-du-feminisme-musulman_5124926_3212.html

Les « décoloniales » et Les Indigènes de la République dénoncent un racisme d’Etat.

« La permanence d’un substrat colonial dans l’idéologie d’État « laïque et républicaine », pourtant très visible à bien des égards, est niée avec une confondante mauvaise foi. Il est vrai que nous sommes dans un pays qui commémore dans la déploration les rafles antijuives du Vel d’hiv en 1942, perpétrées par la police parisienne, tout en procédant à des rafles honteuses de migrants (la chasse des migrants du quartier La Chapelle, à Paris, est très éloquente). »

http://indigenes-republique.fr/tous-contre-houria/

Ces mouvements sont sous-tendus par le regain des communautarismes et autres intégrismes religieux. Ils réfutent jusqu’au modèle républicain, la laïcité (cf. affaires du voile, du burkini…).

Face une autre approche, une autre culture :

Laïques et féministes: Les vigilantes

extrait

 « Il est impératif pour la démocratie, que les religions ne s’immiscent pas dans les affaires politiques et sociales de notre République, à fortiori sous leur forme radicale. Tous les intégrismes religieux sont des obscurantismes dangereux pour les femmes et la démocratie.

Les petites et grandes lâchetés, le clientélisme et les calculs électoralistes, le manque de courage et de rigueur intellectuelle n’ont fait que renforcer la montée de l’islamisme et de l’extrême droite. »

https://vigilantes2015.wordpress.com/

Difficile aussi de ne pas citer – parmi d’autres- Osez le féminisme, au programme d’action des plus offensifs, comme la campagne « Sang Tabou ». Réclame l’abolition de la prostitution, la reconnaissance du féminicide.

http://osezlefeminisme.fr

 Pour comprendre la brutalité du débat, voir les dernières attaques à l’encontre d’Elisabeth Badinter « voix d’un féminisme blanc puissant », universaliste,  dénoncé, selon le Figaro, par « une ultra gauche essentialiste et différentialiste » ( représentée par Médiapart)«Les ambiguïtés d’Elisabeth Badinter» ou la rhétorique intellectuelle des islamo-gauchistes PDF.

Si bien que face à ces féminismes politisés, d’autres voix proposent des formules de conciliation ( de recentrage ?) : Ainsi, Un féminisme intégral, de Marianne Durano, prof de philo et directrice de LIMITE

affirmant :

« La femme n’est pas un self made man comme les autres »

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/10/20/31003-20171020ARTFIG00379-marianne-durano-defendre-un-feminisme-qui-considere-la-femme-entierement.php

Extraits:

… »on ne peut pas défendre les femmes tout en niant la différence des sexes, lutter pour l’égalité salariale sans prendre en compte la spécificité de la grossesse, proclamer “mon corps m’appartient” sans dénoncer le trafic d’ovules et d’utérus qu’implique l’extension des PMA, etc.

« Le féminisme intégral que nous défendons intègre tous ces combats et veut défendre les femmes intégralement, sans nier leurs spécificités et leurs vulnérabilités particulières. En effet, “intègre” signifie aussi bien “honnête” qu’”entier”. Il s’agit tout d’abord de faire preuve d’honnêteté et de cohérence intellectuelle, en dénonçant toutes les aliénations dont les femmes sont victimes: lutter contre la culture de viol et par conséquent dénoncer l’omniprésence de la pornographie ; lutter contre la prostitution et contre les mères-porteuses, qui sont les deux faces d’un même marché des corps ; défendre la santé et l’autonomie des femmes également quand elles choisissent d’arrêter leur contraception chimique ; être intégralement “pro-choix” et donner à celles qui le veulent les moyens de garder l’enfant qu’elles portent ; défendre la dignité des salariées et des mères au foyer, etc. Le féminisme intégral considère la femme dans son entier: il n’évacue pas ses hormones et son utérus du champ politique, sous prétexte qu’ils seraient un facteur d’aliénation, ou en alléguant une égalité abstraite et désincarnée entre les sexes. »

« Enfin, notre féminisme est intégral, parce que nous pensons qu’il faut transformer intégralement et radicalement les valeurs de notre société capitaliste, technocrate et concurrentielle, pour que les femmes puissent y trouver leur place sans avoir à se renier pour devenir des self-made men comme les autres. »

 

Mais il est clair qu’il n’y a plus – en ce moment- de « neutralité  » possible et que chaque option sera interprétée par l’autre à l’aune d’idéologies et positionnements politiques. ( progressiste vs réactionnaire … gauche/droite… impérialiste vs décolonial, etc. )

Si on veut dépasser l’exacerbation des clivages actuels, on se demandera si …dans ce concept de « femme » de « féminité », on a pris en compte l’aptitude des femmes à la contestation, et au pouvoir comme facteurs d’avancées des sociétés.

L’association adequations.org donne une liste assez complète d’organisations de femmes et féministes.

Le féminisme « radical » correspond à une étape des années 60…où est né en particulier le MLF, dans la foulée de Mai 68. le féminisme radical ne se contente pas de revendiquer des droits à l’égalité en tout…considère que l’oppression des femmes n’ est pas  « juste » une conséquence du système capitaliste… mais qu’au contraire cette oppression, qui va de pair avec une « naturalisation » du rôle de la femme,  est une construction de la société patriarcale, qu’il faut détruire.

***

L’ESPERANCE AU TOURNANT ?

Sexisme, patriarcat, capitalisme financiarisé et mondialisé: pourrait-on imaginer un monde d’où seraient éradiquées les survivances de tous les anciens régimes, marqués par l’emprise de la religion, la prédation économique, l’esclavagisme et le racisme, les guerres, les révolutions, le terrorisme.

Malgré la résistance d’un vieux monde laissant à la femme des rôles subalternes, on assiste – avec lenteur, mais volontarisme- à la promotion de programmes d’information et d’action.

La plupart des pays développés ont rejoint les « Journées de la femme ». ou « contre les violences faites aux femmes »…etc.

Ces manifestations accompagnent un long processus résumé dans une résolution de l’ONU.

En décembre 2013, cette résolution 68/227, texte majeur, reconnait à la femme un rôle déterminant dans le processus de développement et de démocratisation des sociétés.

C’est la 68ème session : Participation des femmes au développement /Droit des femmes et développement durable

C’est, par exemple, dans ce texte que figure l’encouragement au micro crédit, comme contribution très concrète à l’émancipation économique des femmes. Depuis cette formule est contestée. C’est de l’emploi qu’il faut à l’Afrique, pas des crédits !

http://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/ao%C3%BBt-2015/microfinance-une-aubaine-pour-les-pauvres

Texte précédé en 1987, par les premiers travaux sur le développement durable ( dit rapport Brundtland), intitulé  » Notre avenir à tous ». Le rapport Brundtland donne la première définition officielle du développement durable : « Un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures à répondre aux leurs ).

Et suivi en 2009  par l’élaboration d’un Agenda d’action 2015

Une décennie de plaidoyer des femmes en faveur d’un développement durable

Agenda d’Action 2015 des femmes pour une planète saine et paisible

Un plan d’action pour les gouvernements, les institutions internationales et la société civile

Dimanche 11 janvier 2009

http://www.adequations.org/spip.php?article897


La vraie démocratie ne se mesure pas au simple processus électoral, mais à la participation active de la société civile au processus éducatif de ses concitoyens. 

Championnes de la participation active au développement et à la démocratie,

les ONG.

D’où vient cette forme d’intervention caritative et humanitaire. Certains en situent l’origine dans l’action de l’Eglise et des confréries chrétiennes au Ve siècle. Ces organisations non gouvernementales connaissent leur essor à la fin du 19e siècle avec en 1812, la première intervention d’urgence au Venezuela ( tremblement de terre) et en Irlande (famine). S’ensuit la fondation de la Croix Rouge par Henri Dunant, puis la naissance du terme ONG ( ONU 1945). Le site RITIMO raconte cette histoire et se demande si les ONG, palliant les défaillances des pouvoirs publics, ne sont pas, toujours, les acteurs incontournables de la solidarité.

En France la députée France Insoumise Clémentine Autin estime que le budget de la coopération au développement est insuffisant.

On n’en citera que quelques unes !

CARE FRANCE soutient des programmes d’autonomisation,  de développement des connaissances et des compétences, le partage équitable des pouvoirs, soit  le renforcement de la capacité d’agir.

Et donc de se rendre utiles à l’ensemble de la société. Les hommes, les garçons sont invités à participer, car selon CARE, eux aussi sont encore prisonniers de schémas patriarcaux. ( Exemple égalité au sein du couple, partage d’une vie sexuelle et reproductive équilibrée et assumée).

(2/3 des 774 millions d’adultes analphabètes sont des femmes.)

Un exemple : https://www.carefrance.org/care-actions/zoom-femmes/

Atteintes sexuelles de femmes réfugiées de Birmanie https://www.carefrance.org/actualite/communique-presse-news/2017-11-02,bangladesh-refugies-rohingya-birmanie-violences-sexuelles.htm

En Guinée, cette ONG #FemmeVision2030″ oeuvre pour un développement durable et propose une campagne horizon 2030 qui implique les responsables politiques :

Travaille sur des thèmes tels que « Genre et droit foncier », « Lutte contre la désertification ». Et s’appuie sur cette notion anglo saxone d' »empowerment » …partage, organisation des conditions propices à l’exercice du pouvoir.

 

ONG Femmes, Pouvoir et développement

Genre et droit foncier

Soutien aux femmes migrantes

L’association DIANO est née d’une restructuration de l’ association Le Patriarche, pionnière dans la lutte contre l’addiction à la drogue. Elle s’est constamment adaptée aux crises et besoins de l’époque.

https://www.dianova.ngo/fr/nouvelles/autonomiser-les-femmes-migrantes/

En raison de l’actualité, certaines organisations humanitaires se sont retrouvées impliquées, puis mises en cause:

C’est la crise des migrants. Un sujet brûlant, très politique.

Des ONG accusées d’être responsables du flux migratoire, de l’impuissance à régler la question, voire de complicité avec les passeurs…

Une synthèse dans cet article du Point, très documenté les auteurs posent la question de l’affrontement entre d’un côté les Etats et le droit de maîtriser l’immigration, et de l’autre, les ONG qui défendent le droit à la vie.

Les ONG ont cessé de porter secours en mer

On ne peut que constater que l’absence d’horizon au développement dans les pays en guerre, aboutit à des impasses.

Noter l’initiative FESTISOL à Samatan ( Gers)…pour lutter contre les préjugés et favoriser le rapprochement entre migrants et population locale. ( Signalé par France Terre d’Asile)

Ceci nous ramène au concept de développement. 

S’il s’agit d’économies florissantes, de richesse insolente, des exemples de réussite nous démontrent, que les droits des femmes ne font rien à l’affaire. ( Siècle de Philippe V d’Espagne, Siècle de Louis XIV ! IIIème République). A notre époque, les Emirats arabes Unis, l’Arabie Saoudite, et d’autres monarchies et dictatures, dopés par la ressource pétrolière en sont le contre exemple parfait.

La femme est maintenue en dépendance. Mais, au contact des démocraties occidentales (?), une ouverture se dessine. Est-elle la marque d’un calcul, ou d’une prise de conscience sincère, dans la lignée des « monarchies éclairées », de l »Islam des Lumières » ?

On aimerait se dire… « et si ce qui se passe aujourd’hui en Arabie Saoudite était le prélude à un vrai changement de mentalités, et un mouvement général d’émancipation, même calculé ?

L’article de l’Express, répond en partie. Extrait:

Pour le royaume, l’abolition de restrictions visant les femmes est surtout un enjeu économique. Ces mesures s’inscrivent dans la vaste planification de réformes présentée par Mohammed ben Salman en avril 2016: « Vision 2030 ». À l’époque, le pays traversait une grave crise budgétaire. Pour développer le secteur privé et multiplier par six les revenus non-pétroliers, notamment ceux issus de l’export, il a fixé comme objectif de faire passer de 22 à 30% la part des femmes exerçant une activité professionnelle. 

Et …que se passera-t-il dans ces pays, quand les femmes, qui ont obtenu le droit de sortir et conduire leur voiture, seront tentées par d’autres libertés émancipatrices ?  Marche en avant ou coup d’arrêt ? comme en Iran, en Afghanistan ?

Quelle situation pour les femmes en Europe centrale ? Dans la Bosnie, le Kosovo de l’après guerre des Balkans ?

***

Qu’est-ce qu’une société développée ? On pourrait convenir de cette définition ? : une société où le droit prime sur la force pour régler les conflits. Où l’activité de tous dégage les moyens économiques et technologiques d’assurer l’alimentation, le confort,  la santé, l’éducation de tous…dans une répartition équitable. Mais pas que …c’est une société où chacun peut bénéficier des conditions et moyens nécessaires à son épanouissement personnel, matériel, /oui/, mais aussi, intellectuel, artistique, spirituel.

Combien de pays assurent-ils ces normes à leurs citoyens ? On voit bien qu’il subsiste trop de zones d’ombre, d’arriération,

Et pour la curiosité d’étonnants contrastes

révélateurs des décalages dans les situations, les cultures, les moeurs…

Tandis que les Etats-Unis, la France, dans une mondialisation contagieuse, sont secoués par les révélations sur le producteur hollywoodien Harvey Weinstein et le milieu du cinéma,  #balancetonporc et #metoo…Grand déballage pour certains, libération de la parole pour les autres …

Le pouvoir est toujours entre les mains du sexe dans certains pays …Exemple au Sénégal: des femmes ( une majorité ou une minorité agissante ? ), utilisent le sexe comme arme de domination, entretenant les vieux schémas sexistes:

https://theconversation.com/objets-de-plaisir-les-armes-des-femmes-a-dakar-86261

 

 QUELLES SOLUTIONS ?

-Réduire la pauvreté:

La pauvreté est sexiste 

L’éradication de la pauvreté est une condition préalable pour le développement durable, ainsi que l’objectif ultime du programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’Organisation des Nations Unies.

>Là encore une réponse de l’ONU…

La contribution des femmes à l’économie et à la paix est essentielle au développement durable ( Commission de la condition de la Femme/ Soixantième session / Mars 2016 )

Exemple du micro crédit ( Résolution ONU ) / Des femmes chauffeurs de taxi en Malaisie, transportant des femmes…en attendant mieux ?

>Déconstruire les stéréotypes de genre : livres et orientation scolaires, jouets, médias

Avec TELERAMA, le cas de la publicité

>Discrimination positive ?

On observe que les droits des femmes, leur insertion concrète dans les sociétés ont résulté de mesures volontaristes ou contraignantes. Comme la parité en politique.

Faut-il aller plus loin ? Et, comme aux Etats-Unis,  jusqu’aux postes réservés, aux mesures de discrimination positive, nécessaires pour rompre avec une situation d’inégalités sociales devenue intenable ?

 

CONCLUSION

Ce que je retiendrai dans ce survol forcément fragmentaire :

1/ Il est admis aujourd’hui que la présence des femmes est indispensable à une société qui veut se développer. A commencer par éradiquer la pauvreté.

2/ Se développer cad choisir des pratiques qui favorisent l’économie, les échanges, l’épanouissement des individus, sans compromettre l’avenir. Ex ne pas gaspiller les ressources

3/ Cela ne peut se faire sans l’accès à l’école et au pouvoir politique. Il s’agit de donner des moyens d’action…au moment où…

4/ …nos sociétés développées sont à un tournant : réchauffement climatique, non partage de la richesse…

5/ …et devant le choix d’un modèle de société où chacun trouve sa place. Egalité et tolérance, recherche d’équilibre et d’humanité, choix entre république laïque et communautarisme.

Sur cette aspiration renouvelée

Nous sommes dans une époque formidable, où, face à l’humaine condition, on peut penser avoir atteint les meilleures solutions possibles, dans tous les domaines : alimentation, accès et qualité des soins médicaux, à la connaissance par l’école, les médias, internet…

Où, cependant, on pressent que tout l’édifice est précaire et pourrait basculer… au gré de faits non maîtrisables : intempéries et réchauffement climatique, néo-impérialismes et conflits armés, terrorisme, immigration politique ou économique,

…mais aussi, plus pernicieux, les abus de toute sorte, surexploitation, laxisme et défaillances de l’Etat, dans ses missions de gestion du bien public, de sécurité, de santé publique, d’école universelle …

Nos droits, en Europe occidentale, sont d’abord le fruit de combats historiques et d’engagements collectifs (p.ex. les ouvriers et le prolétariat au 19ème siècle) et individuels de véritables héros et héroïnes au fil des siècles.

Combat contre la loi du plus fort (droit et la démocratie), contre  l’ignorance et la crédulité ( l’école pour tous), pour l’émancipation des individus : contre l’esclavage, le racisme, le sexisme.

On assiste en ce moment même à une transformation profonde de la société. Grâce aux nouvelles technologies ( TIC), aux réseaux sociaux qu’elles ont permis, aux moyens personnels d’expression ( Blogs qui font de chacun un éditorialiste / photos qui font de chacun un reporter), chacun s’exprime. Et chacun a une envie nouvelle d’exister.

La société « participative » saura-telle passer de l’intérêt privé à l’intérêt général, de la manipulation et du panurgisme à l’esprit critique, de l’égocentrisme à la démocratie réelle, du « moi et mon nombril » à la confrontation de solutions et pas seulement d’anathèmes ?

*

Pour prolonger cette réflexion,

Je vous invite à lire La SERVANTE ECARLATE, récit d’un modèle de société que vous aurez envie de refuser… et qui pourtant n’est pas totalement improbable :

LA SERVANTE ECARLATE, où les femmes du peuple sont utilisées comme esclaves sexuelles, mères porteuses vouées à la reproduction, dans une société où la fécondité de la classe dirigeante a chuté. L’une d’elles se révolte et va mener le combat…

 


Sources, références, documents à conserver :

Grandes Institutions

ONU

l’Onu et les femmes : Historique

http://www.unwomen.org/fr/csw/brief-history

ONU Femmes : faits et chiffres

http://www.un.org/fr/sections/issues-depth/global-issues-fast-facts/index.html

Participation des femmes au développement:

http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/68/227

http://www.unwomen.org/fr/news/in-focus/women-peace-security

GAFA : les géants de l’internet

Source Wikipedia : On retrouve derrière cette expression des sociétés comme : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, Yahoo, Twitter, LinkedIn et d’autres. Les actuels géants sont ainsi américains et surnommés GAFA ou GAFAM, acronyme constitué des géants les plus connus (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) ; ou encore chinois et surnommés BATX pour Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi ; ou bien les Natu (NetflixAirbnbTeslaUber).

STATISTIQUES / ENQUËTES

Secrétariat d’Etat à l’égalité

Lancement d’une consultation et tour de France

http://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr

Ecarts de salaires, disparité F/H

Ministère du travail

https://www.data.gouv.fr/fr/organizations/ministere-du-travail-de-l-emploi-et-du-dialogue-social/

ONG / Associations

ONG CARE FRANCE / télécharger en PDG le programme « femmes »ONG CARE France | Zoom sur les femmes

Gynécologie sans frontières ( protection des femmes et enfants dans les camps de réfugiés : http://www.cngof.fr/actualites/433-appel-du-president-de-gynecologie-sans-frontieres

Agronomes et Vétérinaires sans frontières

biodiversité, reboisement, etc.

https://www.avsf.org

Festival des soliarités

https://www.festivaldessolidarites.org/articles

THEMATIQUES

INITIATIVES

EQUILIBRES ( une entreprise d’un nouveau genre !

http://www.equilibres.eu/etudes-et-publications/

intervient à la demande pour des études, des conseils, de la formation, sur le thème de l’égalité au travail.

PRESSE

Sujets divers

https://www.humanite.fr/euro-2016-les-feministes-mettent-le-sexisme-hors-jeu-609215

 

 

EQUILIBRES ( une entreprise d’un nouveau genre !

http://www.equilibres.eu/etudes-et-publications/

intervient à la demande pour des études, des conseils, de la formation, sur le thème de l’égalité au travail.

Qu’est ce que le Tao ? Toujours valable ?

https://www.baglis.tv/esprit/religions/2719-le-tao-philosophie-de-l-equilibre.html

https://livre.fnac.com/a4041645/Armelle-Carminati-Rabasse-Pouvoir-e-s

Divers

AVSF : conférence et publications

https://www.avsf.org/fr/nouveautes

 

http://www.slate.fr/story/153032/depot-plainte-viol

Attaques contre le féminisme laïque

http://mobile.lesinrocks.com/2017/10/25/actualite/derriere-le-feminisme-laic-et-luniversalisme-les-ambiguites-delisabeth-badinter-11999707/

Evolution des mags féminins

http://kengarex.com/evolution-of-womens-magazines-9-pics/

Harcèlement  / Violences

http://www.midilibre.fr/amp/2017/08/15/a-nimes-le-harcelement-de-rue-pourrit-le-quotidien-des-femmes,1547846.php

le viol arme de guerre

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/02/libye-enquete-sur-le-viol-utilise-comme-une-arme-de-guerre_5208995_3212.html

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/03/libye-sur-la-piste-des-violeurs_5209468_3212.html

Politique du gouvernement Macron

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20170811.OBS3276/100-jours-de-macron-les-droits-des-femmes-n-interessent-pas-la-majorite.html

Incitation à la prostitution

https://www.marianne.net/societe/publicite-suggardaddy-la-ministre-de-l-enseignement-superieur-denonce-une-incitation-la

MONDE MUSULMAN

La  Tunisie mise sur les femmes:

Extrait article signalé : L’égalité entre les sexes demeurait néanmoins incomplète et les féministes tunisiennes n’ont pas relâché la pression. Le 13 août, à l’occasion du 61e anniversaire du code de 1956, le président Béji Caïd Essebsi, ancien ministre de Bourguiba, a créé la surprise.

Il a fait état de sa volonté personnelle de progresser sur deux dossiers : l’égalité dans le domaine de l’héritage et la levée de l’interdiction, pour une ­Tunisienne musulmane, de se marier avec un non-musulman, disposition éminemment discriminatoire (les hommes tunisiens, eux, ont le droit d’épouser une non-musulmane). L’annonce intervenait deux semaines après l’adoption d’une loi réprimant les violences faites aux femmes. La cause des femmes a le vent en poupe en Tunisie.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/01/la-tunisie-joue-la-carte-des-femmes_5194308_3232.html#87TkfFBblB2bczIX.99

https://www.petitions24.net/manifeste_des_femmes_pour_legalite_et_la_citoyennete

Tunisie: l’association Citoyens des deux Rives porte la parole des démocrates… en faveur du mariage inter religieux

Femmes en première ligne (1)

ANNONCE / A chacun ses mots clés

####Femmes, égalité, solidarité, développement !

Aujourd’hui, en 2017, nous pouvons encore nous poser la question :

Femmes victimes ? ou moteurs des sociétés ? Où en est le féminisme ?

 

« Quand des femmes sont élues à des postes politiques, les politiques sont plus variées et sensibles à la dimension du genre. La santé, l’éducation et le bien-être social s’améliorent, des progrès sont visibles en termes de gouvernance et de lutte contre la corruption », a déclaré le commissaire. (Emancipation)

Cette question est de pleine actualité. Ici même, en France, où La déclaration des droits de l’homme…(et de la femme…dans le souvenir de la militante Olympe de Gouges)… constitue la règle du jeu en vigueur dans cette république laïque, la question n’est pas réglée pour autant. (Que dire alors de régimes politiques où la notion même de démocratie est étrangère !)

Prochainement ici,

le texte servant d’appui à une intervention lors des Rencontres des solidarités

A Arcachon, au Tir au Vol

ce samedi 18 novembre à 15 heures

Il sera question de:

1 / l’Actualité / Femen/ Femmes migrantes au Forum Crans Montana / Question des droits à la COP 23

2/ Portraits de femmes de combat / Malala/ Femmes de Tunisie…et bien d’autres

3/ de Statistiques / Les chiffres pour résumer la situation en France, en Europe, Dans le monde

 

French President Emmanuel Macron (C) and Paris Mayor Anne Hidalgo attend a minute of silence after they laid a wreath of flowers in front of a commemorative plaque next to the « A La Bonne Biere » cafe and the Rue de la Fontaine au Roi street, in Paris, France, November 13, 2017, during a ceremony held for the victims of the Paris attacks which targeted the Bataclan concert hall as well as a series of bars and killed 130 people. REUTERS/Philippe Wojazer

4/ Des questions en suspens… voire en recul

IVG et Violences sexuelles

5/ Ou en est le mouvement féministe ? ou plutôt…les féministes ?

Les laïques, les décoloniales, et les autres

6/ Les raisons d’espérer

ONU / ONG / Associations de solidarité grandes et petites.

Conclusion:

L’accès des femmes au pouvoir ( éducation, promotion, égalité)  est une des conditions du développement et de la paix.

Aucune femme n’avorte de gaité de coeur. Aucune femme n’envoie son enfant à la guerre avec plaisir. Le viol n’est pas un divertissement sexuel, c’est un acte de domination inadmisssible.

Vous lirez la suite prochainement …Ici même.

 

 

 

Le 4ème pouvoir existe-t-il encore ?

Ce sujet a donné lieu à une conférence-débat le 28 septembre dernier à la Bibliothèque Mériadeck de Bordeaux, à l’initiative de l’ODI, Groupe de Bordeaux 5.0, avec le soutien de l’Alimso et du Club de la Presse de Bordeaux

-avec la participation de Marie-Laure Augry, pres du Club des médiateurs de presse, Benoit Lasserre (grand reporter à Sud Ouest), Jean Petaux, politologue Sciences Po Bordeaux, Marie Christine Lipani, chercheure en journalisme et directrice adjte IJBA, Richard Hecht, membre bureau national journalistes CFDT, Me Jean Yves Dupeux, président de la commission médias de l’Union internationale des avocats, et de l’équipe de l’ODI, et son président Pr Patrick Eveno, Paris 1 Sorbonne, animé par Marie Christiane Courtioux, journaliste ex RMC, chroniqueuse ReferencesCHR, admin radio CHU Bordeaux et Médiactuelles.

Il sera constamment réactualisé par des citations d’articles et de contributions.

 

Réactualisation 17 décembre 2017

L’ODI prend officiellement position sur la polémique  » Tribunal de presse » …

http://www.odi.media/agenda/communique-de-lodi-instance-dautoregulation-independante-tripartite/

*     *

*

 

L’histoire récente de la vie politique française l’a démontré. La presse, par son rôle de révélateur, est en mesure de (contribuer à ) faire tomber les puissants.

A vouloir la manipuler – usage abusif des magazine « people » – ou la museler, ou les deux à la fois, on s’attire ses foudres. Il est vrai qu’un trop beau cas d’école nous est offert depuis plusieurs mois !

Le 4ème pouvoir est de retour …

Tirons lui dessus à boulets rouges !

« Le 4ème pouvoir » irrite. Malgré des efforts redoublés pour produire une information incontestable, utile, proche de leurs publics, les journalistes ont toujours la défaveur de l’opinion.

A nuancer : certains médias affichent leur optimisme. La qualité finit par payer nous disent Médiapart ou le Monde, ou encore Marianne, qui ont augmenté et stabilisé leurs ventes et abonnements. (La presse quotidienne nationale relève la tête; l’APCM One Premium)

Attaques justifiées ou pas, conjoncture particulièrement sensible ou pas, en démocratie, la presse et les médias ont comme tous les pouvoirs, des comptes à rendre. Mais à qui ?

L’ODI – groupe de Bordeaux – souhaite par ce débat apporter sa contribution à la réflexion. Une réflexion ancienne en France, avancée dans nombre de pays. A l’heure de la « modernité » comme critère de qualité…il est peut-être temps de trouver la solution ? La déontologie professionnelle ? avec quel garant ?

On abordera :

1/ La folle séquence: de la chute de Fillon aux contradictions et à la saturation élyséenne

2/ Couacs en série, l’image brouillée du journalisme : racisme, sexisme, propagande et marchands d’illusion, collusion et compromissions…mélange des genres, polémistes, vrai et faux journalisme, journalisme et médias ?

3/ Arsenal juridique et déontologie ? Que peuvent-ils ? La loi, enquêteurs, médiateurs, experts, retours du public… conseils de presse, attribution et commission de la carte, enseignement du journalisme ?

4/ Débat général, conclusions provisoires et position de l’ODI

Face au malaise général de la société, face aux imprécateurs, aux persifleurs de tous poils et rentiers du préjugé : Et si … le journalisme n’était pas le problème … S’il était la solution ?

MCC

 

(A SUIVRE: Le journalisme chahuté, une folle séquence »)⇒

1 / Le journalisme chahuté au cours d’une « folle séquence »:

Pendant la campagne présidentielle, F.Fillon refuse d’aller chez Bourdin à l’entretien d’embauche ( titre de l’émission matinale). Marine Le Pen n’est pas en reste.

Et après …c’est la surprise.

On évacue les journalistes de la cour de l’Elysée. Rapidement, on redescend de L’Olympe : et on passe de la rareté de la parole présidentielle, à la saturation médiatique…

Les 3 mois qui ont fait reculer Macron ?… Ou pas ?

 

Les Entretiens de l’Info/ODI : Le journalisme à l’épreuve de la présidentielle

-Macron porte plainte(Le Monde), avant -fait savoir l’Elysée- de la retirer. Alors qu’en réalité elle n’est pas recevable. (cf fact checking)

-Macron revoit sa stratégie médias ( Stratégies)

-Et se lache à nouveau « Les journalistes ne m’intéressent pas, ils ne s’intéressent qu’à eux mêmes » (20 minutes avec AFP 04-09)

Depuis tous ses discours sont en direct sur PERISCOPE
Brûlez, dégagez, c’est la mode !

Témoin ce colloque estival en juillet à Autun ou la conférence de FI à Marseille

-Faut il brûler les journalistes in Les rendez-vous de juillet

Le 26 août dernier à Marseille, au cours d’une conférence, la France Insoumise préconise le « dégagisme des médias » et leur contournement.

-Faut il dégager les médias ? ce que signifiait vraiment la conférence de la France Insoumise (Marianne, Débattons)

Autour du 3 septembre et suivants …ça « crépite » (JLM) et ça empire…des deux côtés…

-« Les journalistes ne m’intéressent pas » (Macron répond à Complément d’enquête lors de la rentrée scolaire)

-JLMélenchon  rend coup pour coup à  Brunet et avertit la presse ( Sud Ouest 4-09)

-Les Décodeurs font de l’humour : Samuel Laurent et l’union nationale autour des « journalopes ». ( Twitter @samuellaurent, 4 septembre)

-JLM à E Martichoux  » vous vous intéressez à mon billet d’avion, pas à ce que je suis allé f…à La Réunion… vous comprenez pourquoi on vous déteste ? (Arrêt sur Images.net 210917)

2/ Liberté d’expression ou dérapages ?

Quelques pièces à conviction :

Le cas Charlie Hebdo accusé de racisme

-CH se moque des victimes de Harvey et fait scandale aux Etats Unis, mais, auparavant, il alimente les soupçons de racisme et d’islamophobie ( Huffington post)

-Controverse CH est il un journal raciste ( Courrier International)

 

Vrai sexisme, simple teasing ou publicité clandestine ?

– La Une de Tennis magazine choque les internautes (CNEWSMATIN.fr)

Soupçons de copinage, collusion avec une pensée dominante et des intérêts privés

France Info : ces politiques qui rejoignent les médias comme chroniqueurs : A chaque média son politique… et ce qu’ils en révèlent ( Huff Post)

FranceInfo : « Je me suis déjà farci Mme Clark » ( Devinez qui ?)

-Jérome Lavrilleux raconte les coulisses de Bygmalion ( Le Monde Davet et Lhomme)… et parle d’omerta.

 

-Le numéro de Elle consacré à Brigitte Macron… et la suite « Les femmes lui disent merci » !

Acrimed et la litanie sexiste à l’encontre de Brigitte Macron

Les  » grands médias » contribuent à renforcer les stéréotypes de genre.

-Bagarre au Parisien pour un édito soupçonné de rouler pour Macron

Le choix des mots… qui stigmatisent …

-Affaire des « barjots et schizos » de la Provence

La presse en fait elle trop … ou pas assez ?!

-Emotion collective : A propos des attentats, le sociologue Michel Fize : « n’en faisons pas trop »

Les journalistes sont -ils hors sol ?

Noyés dans l’élite déconnectée, les journalistes doivent retrouver le lien avec la population

( Barbara Chazelle pour META MEDIA rapporte la conférence de Jon Snow, de Channel4News)

***

Jean Claude Guillebaud : réflexion faite ( L’Obs sept 2017)

Il faut organiser d’urgence une quatrième refondation de notre profession… Assiégé par le médiatique, le journalisme, dans ce qu’il a de meilleur est bel et bien menacé de perdition …

Et même … Jean Jacques Bourdin :

JJ Bourdin: la confusion entre journalistes et politiques nourrit la défiance. Créons un conseil de l’ordre des journalistes. Indépendance et clarté. ( Twitter : mardi 5 sept 2017)

Vous avez dit malaise ?

Yen a marre de la dictature des pisse-vinaigre ! Thomas Sotto

Faut il pour autant condamner l’ensemble de la profession ? ( Editorial Le Monde/2/09/2017)

Réducteur et dangereux ! 

Réducteur, car cela conduit à occulter la diversité même des médias et un pluralisme que l’Internet a encore démultiplié depuis une dizaine d’années. Dangereux, enfin, car, même si le mélange des genres entre médias et politique est délétère, l’information est un ressort essentiel de la démocratie. Jeter en bloc l’opprobre sur les premiers, c’est fragiliser la seconde.

3/ A qui de juger, voire de sanctionner ?

 

Quel est l’arsenal disponible ?

En France la loi, c’est la liberté d’opinion, d’expression et de publication pour tous.
Elle identifie des délits de presse (fausse nouvelle, dénonciation calomnieuse, …) cela pourrait suffire à une juste régulation qui protège les destinataires de l’information, le public des citoyens.

Mais la règle du jeu est-elle assez claire ?

Médias, presse, journalisme … tous logés à même enseigne ?

L’audio-visuel constitue un cas à part …Quant aux puissants réseaux sociaux, nul ne sait jusqu’ici comment exiger d’eux la régulation des messages mensongers, indignes, haineux, fauteurs de trouble. La fachosphère produit des contenus immonde qui n’alarment personne, tandis qu’une « laïque », il est vrai musclée, se voit fermer sa page Facebook sans préavis.

De quel arsenal dispose-t’on aujourd’hui pour garantir une bonne information ? Quel usage en faisons-nous ?

-La loi punit les délits de presse

Diffamation, fausse nouvelle, incitation au racisme…

-Le texte de la loi consolidé au 19 septembre 2017

-La nouvelle loi Bloche a introduit les chartes de déontologie obligatoires (6 octobre 2016)

-Loi visant à renforcer la liberté/l’indépendance et le pluralisme des médias

-Une loi à double tranchant ?

Pour Alexis Guedj et Thomas Guénolé : En imposant autant de chartes que d’entreprises, la loi «liberté, indépendance et pluralisme des médias» fragilise le statut du journaliste au prétexte de le renforcer. ( Photo Christophe Archambault/ Libé: les manifestants de I télé réclament une charte interne de déontologie le 1§ décembre 2016)

-Le CSA sermonne les médias audio-visuels et les condamne parfois

Affaire Hanouna : Bras de fer entre Canal + et le CSA  ( La Croix)/

Canal + dénonce une sanction disproportionnée et inéquitable.

(Gary Assouline Huff Post)

-Des solutions pour restaurer la confiance ?

-Garantir la liberté et l’indépendance des médias ?

Grands patrons, tuyaux et contenus :

http://www.inaglobal.fr/numerique/article/drahi-et-bollore-2-visions-differentes-pour-allier-contenants-et-contenus-9941

-Réinventer le métier ?

Media Journalistes, levez-vous ! Johan Hufnagel Libé

Pris entre les critiques du public et des politiques, les professionnels
de l’information doivent réinventer un métier en mutation. Ils ont déjà commencé…

-Nouveaux usages permis par la technologie : comme le fact-checking

Forts de leur succès « Les décodeurs du Monde » changent de dimension. Les décodeurs c’est fini, place aux décodeurs ! Présence sur les réseaux sociaux et nouvelle rubrique du journal (Ici le NOUVEAU mode d’emploi !)

Libé s’y met aussi. Et l’appelle Checknews.

META MEDIA publie une étude sur la stratégie des réseaux sociaux pour combattre les fake news…les fake news remportent une bataille, mais pas la guerre !

  • L’importance des réseaux sociaux…
  •  EX -Hugo Clément ( Quotidien Officiel TMC)… quand l’info est ailleurs : près de 400.000 suiveurs sur Twitter.
  • … capables du meilleur et du pire:
  • Quelle place leur accorder ? Les « grands médias » ont tendance à citer comme un fait dont il faut tenir compte, éclairant les situations, les réactions, messages et infos variées qui y circulent. Exemple lors de la dernière soirée électorale des sénatoriales. Un JT de 20 heures fait grand cas des réactions à une nième petite phrase de Mélenchon.

Arnaud Mercier (INA GLOBAL) répond à la question : Le web est-il la poubelle de l’info ? L’avenir passe par le web et, selon lui,  c’est plutôt une bonne nouvelle

Sont-ils, (enfin) en train de prendre leur rôle au sérieux et d’organiser le ménage ?

Bloomberg annonce que Twitter suspend 300.000 comptes suspects de liens avec le terrorisme

Avec Snapchat, le Monde s’adresse directement aux jeunes lecteurs

Il y a deux jours, deux chaines de tv américaines ont présenté leur premier JT de 4′

Twitter décide de ce qui mérite de constituer une info digne d’intérêt :

https://www.theverge.com/2017/9/25/16364048/twitter-pledges-to-update-public-policies-after-trump-threatens-north-korea

-Retour en force de l’investigation

Un champion de la catégorie Fabrice Arfi de Médiapart, ici son tableau de chasse !

-Floraison de nouveaux médias

Format start ups / agence d’image / Chaînes de tv privées…

Un exemple récent : EBDO …au plus près des gens! philosophie…  » j’irai dormir chez vous »

Mais peuvent-ils vraiment « sauver » le journalisme ?  ou l’enterrer ? ou ni l’un ni l’autre !

-Des syndicats : martèlent « Informer n’est pas un délit »…et demandent juste les moyens de faire notre travail ! protection à l’étranger, accès aux sources, effectifs …Des syndicats qui désavouent leur direction lorsque la déontologie est écornée : ex: l’affaire des « barjots » de la Provence ; ou les raisons du départ de  David Pujadas du 20 heures de France 2, jugé trop personnel, manipulateur de l’info ( affaire du code du travail : trop lourd !… il le laisse tomber sur la table)

 

– Rôle accru pour les médiateurs ? Plus de médiateurs pour moins de défiance ?

« Un auditeur de Radio France :Je pense pour ma part qu’il y a une équivoque sur le sens de cette notion d’indépendance, elle n’a peut-être pas le même sens pour cette journaliste et pour les auditeurs. Il est dit partout que 80% des journalistes sont de gauche , sur les chaînes publiques que j’écoute ce taux me semble encore supérieur, sur France-Culture cette orientation est parfois caricaturale . »

Un exemple de rapport en 2014 : celui de Marie Laure Augry, médiatrice de France 3 rapport-2014-de-la-mdiatrice-des-rdactions-de-France-3 formule par exemple cette question :

Jusqu’où va le devoir d’informer ? Les journalistes sont-ils coupés du réel ? Les pièges de l’immédiateté. L’incompréhension des téléspectateurs.

Le lien entre le public et les journalistes est primordial. Pourtant, la défiance des citoyens à l’égard des médias ne cesse de croître.

Les dérives d’un métier ? MLA évoque les risques de dérive à Metz, invitée du 12/13 …une affaire Grégory, cela pourrait se reproduire ?

Marie Laure Augry invitée du 12/13

10e édition des Assises du Journalisme les 15, 16 et 17 mars 2016 à Tours : ateliers, débats, soirées

-Des clubs de lecteurs internautes : ALIMSO sous forme de rencontres et de portes ouvertes.

-La décision du CSA sur la chaîne Numéro 23 invalidée par les juges, la polémique sur l’émission « les Recettes pompettes »… Le président des sages de l’audiovisuel s’explique.

-Nouveaux moyens accrus et étendus à l’information pour le CSA ? Le président du CSA : «Il nous faut des moyens d’investigation»…

un interventionnisme contraire à la liberté de la presse et rejeté par les journaux

-Renforcer et démocratiser le service public de télévision ?

Acrimed : les projets du président Macron pour les médias

-Conseils de presse, initiatives ici et ailleurs ( Allemagne / Canada )

Où il apparait que la France est l’un des pays européens à faire de la résistance. Parce que la loi de 1881 est précise et que les éditeurs sont réservés. Le CSA n’a en charge que les médias de l’audiovisuel, et surtout la gestion des autorisations d’émettre. L’auto régulation ne pourrait-elle rien ajouter ? Face aux « fake news », qui peut garantir la déontologie de l’information ? En Belgique, le public peut se plaindre, sans « porter plainte ».

Conseil de presse : la déontologie, arme ultime contre le marché triomphant ?

(Politique, revue belge d’analyse et de débat)

« Qu’ont en commun le Palais royal, Michelle Martin, Jean-Denis Lejeune et des associations musulmanes ? En déposant une plainte, ils ont contribué à faire connaitre le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) créé en 2009 par les associations d’éditeurs et de journalistes de la Fédération Wallonie-Bruxelles. »

Les médias d’information en ligne au centre des plaintes reçues en 2016 par le conseil de presse belge – ODI

C’est une année exceptionnelle que décrit le rapport 2016 du Conseil de Déontologie Journalistique de Belgique francophone et germanophone. Davantage de saisines par le public, davantage de plaintes retenues et traitées, une présence en hausse des médias numériques dans la liste des organes de presse

***

En France, il n’existe pas de conseil de presse, alors que l’audiovisuel est régulé par le CSA. En Europe, la plupart des pays sont dotés de telles institutions, veillant au respect de la déontologie. Adeline Hulin dresse un portrait de la régulation de la presse sur le continent.

Médias : « l’autorégulation complète la loi, elle ne la remplace pas »

-4 Débat et conclusion :

l’ODI, une solution avec le Conseil de presse ? ou pas ? Une vigilance accrue sur la délivrance de la carte de presse ?

Quelles réponses ? En priorité ?

 La loi suffit-elle ?

L’audiovisuel un cas à part ?

Quoi pour les réseaux ?

Un rôle et des pouvoirs accrus pour les médiateurs

Nouvelles pratiques et nouvelles libertés d’enquête grâce au numérique?

Des exemple étrangers dont on pourrait s’inspirer ? Conseils de presse et pouvoir de saisine par le public ?

 Au-delà du débat actuel ravivé par la situation exceptionnelle … quelles perspectives ? Retour à la routine ? Désordre total ?

A la presse de reprendre sa part d’initiative ? et 4ème pouvoir ou non, s’imposer comme garant de l’info pertinente, utile, inattaquable ?

Face aux imprécateurs et aux persifleurs… le journalisme n’est pas « le Problème »…Il est « la solution » !

Marie Christiane Courtioux

et encore
⇒Le monde diplomatique Blog de Frédéric Lordon :  Macron le spasme d’un système à bout de souffle ?
⇒ACRIMED Marketing et propagande politique
La directrice de RT ( Russia Today) France accuse les médias « mainstream » (Arrêt sur Images)

Violences faites aux femmes (2) vues par la presse et les médias d’information : on se réveille !

 

Le 21 janvier 2017  > Ajout d’un lien vers >

Alternative Libertaire

sur la véritable nature du viol, pas seulement un acte de défoulement sexuel, mais un acte de domination, de volonté de puissance.

 

____

 

Violences faites aux femmes

En avant propos de la journée du 25 novembre,

l’association Solidarité Femmes Bassin organise un débat

ce 18 novembre 2016, à Lanton

(centre d’animation, route de Blagon, 20 heures).

Il m’a été proposé de faire une courte présentation sur le thème :

Comment la presse et les médias parlent-ils des violences faites aux femmes ?

De nombreux liens sont proposés pour nourrir la réflexion et le débat. Bonne lecture.

Marie Christiane Courtioux, journaliste (carte de presse 32590)

  • Ancienne reporter, présentatrice des journaux, rédactrice en chef de RMC
  • Ancienne présidente du Club de la Presse de Bordeaux
  • Membre de la première équipe de l’IUT de journalisme de Bordeaux, université Montaigne Bordeaux 3
  • aux côtés du Professeur Escarpit et de Pierre Christin, chef de département.
  • ***

Violence Conjugale Banque D'Images, Vecteurs Et Illustrations LiLe choc des photos et des campagnes de dénonciation et de sensibilisation ( diaporama qui peut être projeté sur écran)

Comment la presse et les médias parlent-ils des violences faites aux femmes ?

 Peut-être, avec l’actualité récente, faudrait-il commencer par une revue de presse sur le thème Donald Trump, le président élu qui n’aimait pas les femmes ? ( allusion à une célèbre saga littéraire nordique). Pour rester dans le débat utile… on pourrait se demander si un candidat, en France, pourrait s’en tirer avec le même comportement ?

Voici un relevé de quelques réactions et commentaires.

Le Figaro MadameTrump ses pires déclarations sur les femmes

Le Parisien au féminin LA : Les femmes aussi ont voté Trump

CausetteLe courage d’en avoir peur

On va rester ici sur une acception traditionnelle des « violences faites aux femmes », des brutalités, infligées par plus fort, en signe de volonté de puissance et de soumission sur un individu de sexe féminin, en négation de l’humanité égale des hommes et des femmes.

Alors… verre à moitié vide … ou à moitié plein ?

1 / Avec le recul de plusieurs décennies, on peut constater que la presse d’information (à ne pas confondre avec les médias de divertissement ) s’intéresse au sujet et en tout cas ne le passe pas sous silence:

-Témoins,

-Le 11 novembre dernier, Ouest France relaie le meurtre d’une prostituée et l‘alerte du Syndicat du travail sexuel. Le fait est présenté comme conséquence de la nouvelle loi qui pénalise le client et installe la peur. Le sujet est traité sous l’angle social de la précarisation et non comme un fait divers parmi d’autres.

-En août, la plupart des grands journaux et médias français font état de la suppression de la prescription des faits de viol en Californie

-Cet été 2016, LA PROVENCE  couvre le procès d’un homme violent, « Sept ans fermes pour violences conjugales » / Puis, assurant une forme de «suivi », présente un débat sur le thème : Tout faire pour éviter la récidive

-En septembre, un quotidien national populaire, 20Minutes présente un dossier sur le VIOL. Une première dans le genre ! Facilitée par le numérique qui permet d’associer des liens et de dépasser l’impératif de surface imposé par le papier.

-Dans la presse féminine ?

 –Marie Claire ( mensuel) couvre assez régulièrement l’actualité et prend position. ( voir le dossier : légaliser l’excision, affaire Jacqueline Sauvage, etc.)

Au féminin.com Un nouveau média auquel on  pourrait ne pas avoir pensé !propose un Guide juridique pour épauler les victimes. (Attention aux idées reçues… de part et d’autre)

-Mention spéciale à l’émission de Canal+ Le Cercle sur l’actualité cinématographique qui trouve les mots justes pour présenter le film « Much Loved », de Nabil Ayouch, qui raconte l’histoire de prostituées marocaines, et qui a fait scandale.

Première observation :

La présence ( la montée en puissance ?)  du sujet et son traitement à tonalité pédagogique doivent beaucoup aux campagnes des associations et des pouvoirs publics, mais aussi aux initiatives internationales. (Ex : Aux USA et au Canada ont été lancées de grandes campagnes contre le viol à l’Université. Oui c’est oui, non c’est non)

Reste que les mags féminins ne sont pas réputés pour être spécialement féministes …

Voir leur traitement de la loi El Khomri épinglé par un très sévère  ACRIMED

Quant à la presse « jeunesse » Un exemple de la « youth culture » MELTY qui rassure ! Si les jeunes n’ont pas d’autres soucis que les stars de leurs séries préférées.. alors tout va bien !

2/ …Et du coup, il subsiste un réel malaise. L’opinion répandue est que la presse traite ces faits « par-dessus la jambe », comme de « simples faits divers » *.

EX de Brain Magazine  ( « magazine intellol ») présente une sélection assez convaincante à l’appui de sa thèse :

« Selon Pauline Arrighi (@FleurFurieuse), porte-parole d’OLF, les journaux français endossent une part de responsabilité importante dans la banalisation des féminicides »…

Il suffit de relever – récemment encore – certains couacs ou dérapages, par ignorance, facilité et tentation du bon mot. Comme cet article du Berry Républicain : il relate le procès d’un homme pour effraction et tentative de viol sur son ancienne compagne, et le raconte comme une saynète de cinéma muet ou un épisode de théâtre de boulevard. La victime et le chef d’accusation sont totalement minorés sous la verve et les clichés du rédacteur (en réalité une rédactrice). ( L’article a été retiré depuis, y compris en cache sur Google au nom du droit à l’oubli).

L’avis de Libération : c’est « tagada tsoin tsoin ! »

Dans le même registre « théâtral »Sud-Ouest est moins outrancier ! : Le crime était inspiré d’une série télévisée

Parmi les observateurs critiques de la presse et des médias, ACRIMED a épinglé un certain nombre d’articles consécutifs à la journée du 8 mars 2016. Les violences conjugales, un divertissement médiatique.

Deuxième observation : cette circonstance aggravante ! on peut observer un réel changement de ton

-selon qu’il s’agit de violences domestiques, conjugales (traitées en mode mineur),

– ou de violences ethniques et politiques (Femmes esclaves sexuelles), traité comme un grand fait de politique internationale et d’atteinte aux droits de l’Homme.

Autrement dit, certaines violences sont anecdotiques d’autres plus nobles.

Mais au total, dans la plupart des médias, on n’hésite pas à user ( et abuser ?) du choc des photos.

Citées par Au Feminin, les images du Magazine bulgare « 12 » sont … déconseillées aux moins de 12 ans.

3/ Grace au numérique, de nouvelles voix se font entendre sur le web et les réseaux sociaux.

Quelques exemples :

-Le blog Tout à l’ego, de Sophie Gourion

On y trouve un savoureux florilège de pubs pour la Fête des mères … ou pas plutôt des femmes de ménage ? / et, moins léger, d’Octobre rose.

Et son blog sur Tumblr, les « mots qui tuent », présente, entre autres, une compilation d’articles pour dénoncer le traitement journalistique des violences faites aux femmes.

Les Inrocks se sont réjouis de cette sélection et ont salué l’initiative.

-Le blog Crêpe Georgette de Valérie CG, pousse l’analyse et dénonce les mythes du viol persistance d’idées reçues et de stéréotypes masculins (elle l’a bien cherché, un si bon père de famille, un policier jusque là irréprochable, etc)  qui finalement troublent le jugement du lecteur…et propose en novembre 2014 une charte aux journalistes, à l’instar de la 2ème recommandation du Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes

 -Une presse féministe se développe, mais sa diffusion reste assez confidentielle et dans une population majoritairement acquise. Comment aller au delà, à la rencontre des autres lecteurs ?

Quelques exemples :

Les Nouvelles News

 Causette 

Qui se veut pionnière du genre et le prouvait en juin 2014 en s’en prenant au sexisme dans l’Armée. Et s’est attaquée de face au nouveau président américain. Et lance un sondage « Causette présidente »  Elisez votre gouvernement idéal !

Clara Magazine

propose des ateliers pédagogiques sur le thème journalisme et laïcité

Et sympathisants :

 Brain ( analyse déjà citée)

 LES INROCKS

Pas seulement rock !

 L’Obs

 Le Haut Conseil conseille :

 

Et maintenant deux développements de ce sujet qui seraient à traiter à part : celui des médias de divertissement/ celui des nouvelles résistances à la tyrannie ( sic) de la laïcité.

 

4/  Pourquoi traiter le cas des médias audio visuels à part : à cause de leur influence sur toute une partie, jeune, non prévenue, de la population. A cause de la nature de leur contenu (qui le plus souvent n’est pas du journalisme, mais de la com, et du soi-disant « divertissement ») A cause de la nature de leur tutelle, le CSA ( conseil supérieur de régulation qui n’existe pas pour la presse écrite soumise à la loi sur la presse du 29 juillet 1881).

Récemment le CSA a adressé des remontrances – même une mise en demeure- à I-Télé- sur l’honnêteté de l’émission de Morandini. Cet animateur est mis en examen pour des faits de corruption de mineur mais a continué à exercer ses talents au titre de la présomption d’innocence.

5 / Dans cette actualité troublée, certains mouvements dénoncent une nouvelle forme de violences sociales faites aux femmes :

à la faveur de l’affaire du « burkini »,

(instrumentalisée par une chaîne de télévision australienne pour ridiculiser la France,)

a rejailli un conflit sous jacent et une fracture entre deux conceptions du féminisme :

-l’une, laïque, universitaire (Simone de Beauvoir, Benoite Groult, Elisabeth Badinter)

-et l’autre anti-laïque (d’inspiration néo religieuse, chrétienne , islamique et décoloniale)

Cette dernière dénonce une nouvelle forme de violences, sociales et psychologiques, de nature néo-coloniale que la république laïque inflige aux femmes d’autres religions et cultures.

Témoin le dernier rapport moral de la Commission « Islam et laïcité »

http://www.islamlaicite.org/quand-des-feministes-soutiennent-des-lois-racistes-2/

 En face, les points de vue de :

Osez le féminisme

http://osezlefeminisme.fr/arretes-anti-burkini-de-qui-se-moque-t-on-des-femmes-pardi/

« Les femmes de confession musulmane en sont les grandes perdantes, victimes d’actes d’humiliation, sur fond de racisme et de sexisme… »

Clara magazine ( Editorial )

« Les arrêtés contre les femmes en burkini étaient une mauvaise réponse, une réponse parfois violente à une question simple et juste : peut on accepter dans notre pays un objet incompatible avec les valeurs de la république, un vêtement politique qui rappelle aux femmes qu’elles doivent rester invisibles. »

  • En août 2015, l’article de David Simard  « Islam et laïcité : interdire le voile au nom du droit des femmes c’est une tyrannie »

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1404123-islam-et-laicite-interdire-le-voile-au-nom-du-droit-des-femmes-c-est-une-tyrannie.html

-Féminisme et religion ne sont pas incompatibles : une enquête qui vise à apaiser les tensions

Si vous lisez les contributions au labodecolonial, vous trouverez des dénonciations tout à fait fondées, contre l’enfumage d’Halloween, le marketing hollywoodien…Mais le meilleur héberge aussi le pire, la dénonciation de la laïcité, qui serait l’instrument d’oppression de la France post coloniale.

Ceci est, c’est vrai, un autre débat, qui va beaucoup plus loin que la nature du « fait divers ».

 

Divers articles et documents:

-L’année 2016 avait mal commencé avec les agressions commises contre 500 femmes  lors des fêtes du nouvel an à Cologne / Le Plus OBS publie un texte de Clémentine Autain, femme politique. « Condamnons ce qui doit l’être, les violences … »

La Lettre de l’Observatoire national des violences faites aux femmes ( ici lettre de Nov 2015 présente les principales données chiffrées.

-Une soirée spéciale sur FranceTV en 2015 (24 nov) « Sortir de l’isolement » faisant état de nombreux témoignages.

Le Journal des Femmes.com publie la campagne photo contre le viol « ça arrive n’importe quand » de la photographe Yana Mazurkevitch

 

 

Annexes

Evaluer l’audience et l’influence de la presse et des médias :

 

OJD ( Alliance pour les chiffres de la presse et des medias)

http://www.acpm.fr/Chiffres/Diffusion/La-Presse-Payante/Presse-Quotidienne-Regionale

 

Internet 202 105 854 916 de pages vues en 2015

 

ONE ( mesure de la presse et de ses versions numériques)

http://one.acpm.fr/2016_09/one_global_2016_V3.html

-30 jours papier+internet ( dont détail mobile, tablette etc)

PQR : Juin 2016 plus de 43 millions de journaux ou clics

Les principales marques sont entre 8 millions et 20 millions d’exemplaires consultés

 

Classement des sites :

http://www.acpm.fr/Chiffres/Frequentation/Classement-des-Sites/Classement-Unifie-des-Sites-GP

 

surprise OhMyMag.com / féminin classique / 37 millions de visiteurs uniques en sptembre ( en hausse constante)

 

MEDIAMETRIE ( mesure des audiences de radio télévision internet cinéma…)

http://www.mediametrie.fr/

 

Quelques audiences de télévision

Un jour moyen du lundi au dimanche :

TF1 : (20,3) 53.650.000

France 2 : (12,3) 49.983.000

M6 : (10,5) 51.034.000

ARTE : (2,5) 39.300.000

BFMtv (2,3) 33.199.000

 

Quelques audiences de presse comparées :

Figaro : 305.000

Le Monde : 264.559

Libération : 74.094

Sud Ouest : 248.269 ; 2eme der Ouest France 687.527 ; Nice Matin 77.850 ;

TV Magazine : 4.842.767

Femme Actuelle : 621.809

Paris Match 543.528

Elle : 328.663

Closer : 278229 ( en baisse)

Causette : 59.221

 

 

Quelques audiences de sites Internet :

 

Juillet 2016 :

Google /Facebook/ YouTube/Twitter/Apple/Orange/Instagram/Amazon/leBonCoin/SnapChat/Pages Jaunes/ Samsung/Linkedin/Wikipedia/SFR/Franec Télévision/ Le Monde/ 21 20Minutes/23 Le Figaro/25 l’Equipe/27 TéléLoisirs/28 Meteo France/ 30 Le Parisien /

 

Top 10 des réseaux sociaux :

 

http://www.mediametrie.fr/internet/pages/la-netletter-de-juillet-2016.php?p=147&page=233#tendances

 

 

en mars 2016 au moins 33, 6 millions se sont rendus au moins une fois sur un des réseaux

1er Facebook 32,7

2eme Twitter 12,1

Instagram, Linkedin, Snapchat, etc …

 

 

 

Pour ensavoir plus sur la presse et les médias :

Fait divers :

Fait divers est un terme péjoratif ( bien à tort selon moi ) pour désigner le récit en terme anecdotiques des réalités catastrophiques, accidentelles, tristes, mesquines,  etc. de la vie des gens que nous sommes.

 

Médiacadémie :

http://www.mediacademie.org/3927/et-si-les-journaux-setaient-complement-plantes-en-pariant-sur-le-numerique#comment-60671&xtor=&utm_source=ExtensionFactory.com&utm_medium=extension&utm_campaign=extension&utm_content=notification

 

 

 

 

 

 

Quelques pistes pour le débat

 

Qu’entend t’on par avancées (ou acquis) du féminisme ?

Qu’entend-on par violences ?

 

Y a t’il assez à faire avec les violences physiques

Faut-il aujourd’hui évoquer des violences psychologiques et politiques

La laïcité fait-elle partie des avancées à défendre ? et comment ?

 

Qu’entend-on aujourd’hui par médias ?

Presse et télévision, sites internet, médias sociaux, blogs des « influenceurs

Ont ils la même influence, la même éthique, la même règlementation ?

 

Un journaliste, un chroniqueur, un éditorialiste, un polémiste, un penseur philosophe…un expert, tout le monde s’exprime sur le web : sont-ils crédible ?

 

Lisez vous la presse ? Regardez vous la télé … lesquels et pourquoi ? Qu’en pensez vous ?

 

Pouvez vous citer un programme diffusant une image dégradée de la femme ?

L’inverse ?

 

L’égalité Hommes-femmes ?

Est-ce question de volume, de nombre ?

Est ce question de rôle ? d’Impact ?

Faut il ou pas des quotas ? ( loi Roudy 1983)

Faut il ou pas une discrimination positive ? Le temps de franchir un pas décisif ?

Les politiques si souvent attaqués ont ils joué des rôles décisifs ?

 

Le rôle de l’école ?

Qui en connaît les programmes exacts ? Enseignants, parents, politiques, société ?

 

 

 

Violences faites aux femmes (1) : entre prise de conscience et divertissement médiatique

Ce qui suit est une introduction au débat organisé par Solidarité Femmes Bassin, ce vendredi 18 novembre 2016, en avant propos de la journée du 25 contre les violences faites aux femmes. MCC

Dans le courant de l’été, un certain nombre d’entre nous – observateurs de la presse et des médias- ont été alertés par la parution d’un article dans le journal Le Berry Républicain . A l’occasion d’un procès, une caricature de récit  de violences faites à une femme par un ancien compagnon. Tentative d’effraction, tentative de viol avec violence.

L’article épinglé par ACRIMED et Libération raconte l’épisode comme un film de cinéma muet. La victime et la qualification des faits, s’en trouvent ridiculisés et au final minorés sous la verve et les clichés du rédacteur. L’article a été supprimé depuis, y compris en cache sur Google.

Ce genre de dérapage – par ignorance, tentation de la facilité et du bon mot – renforce une opinion couramment admise :

La presse et les médias traitent ces faits criminels comme de simples faits divers*.

Quelques exemples :

Sur le pure-player Brain, on lit sous la plume d’une militante du mouvement Osez le féminisme que la presse contribue à la banalisation du « féminicide ». (Pauline Arrighi@FleurFurieuse)

Ou le blog de Sophie Gourion «  Les mots qui tuent » qui dénonce un traitement journalistique léger et inconséquent.

Ou encore ACRIMED : Après le 8 mars 2016, épingle un « divertissement médiatique ».

La réalité en 2016 est  un peu moins sombre. En tout cas, contrebalancée.

La presse (à ne pas confondre avec les médias de divertissement) est de plus en plus attentive et recherche le ton juste.

Exemple, le 11 novembre dernier, Ouest France relaie l’alerte du Syndicat du travail sexuel à propos de la mort d’une prostituée sous les coups de son client. Le sujet est traité sous l’angle social… la peur et la précarité qui engendrent la violence dans un cadre de prise de risques croissants.

Auparavant, dans l’été, la plupart des grands médias, ont relayé la décision de l’Etat de Californie de mettre un terme à la prescription en matière de viol.

En septembre, un national grand public 20 Minutes propose un Dossier Viol, fait tout à fait nouveau, permis par le numérique qui autorise la compilation de liens.

Quid de la presse « féminine »… elle ne passe pas pour être spécialement féministe… mais le Magazine mensuel Marie Claire suit régulièrement l’actualité et prend position : sur le projet de légaliser l’excision, ou l’affaire Jacqueline Sauvage.

Quant à la nouvelle presse jeunesse, si on en juge par la « youth culture » selon MELTY, elle n’a que peu de soucis, hors ceux de ses stars favorites.

A la faveur de la révolution numérique de nouvelles voix se font entendre , sur le web et les réseaux sociaux.

Quelques exemples :

 -Sophie Gourion et ses deux blogs « Tout à l’égo » et « Les mots qui tuent » ( déjà citée et vu par Les Inrocks)

-Le Blog Crêpe Georgette de Valérie CG va plus loin dans l’analyse pour dénoncer les mythes du viol. ( Elle l’a bien cherché… et lui un si bon père de famille… un policier au dessus de tout soupçon, etc)

Dès novembre 2014 elle proposait une charte aux journalistes à l’instar de la 2ème recommandation du Haut Conseil à l’Egalité entre les hommes et les Femmes.

-Une presse féministe se développe, avec une diffusion encore un peu confidentielle,

 La plus connue, Causette, se veut pionnière du genre pour s’être attaquée au sexisme dans l’armée. Aujourd’hui elle attaque de face le nouveau président élu américain ! et lance un sondage « Causette présidente. »

Les Nouvelles News

dénonce aux USA, la haine et la mysogynie au pouvoir !

– Clara Magazine qui propose des ateliers pédagogiques sur le thème « journalisme et laïcité ».

Sans compter bon nombre de « sympathisants » L’OBS PLUS / les INROCKS, etc. et les grands journaux Le Monde, Libération, etc.

Première observation :

La montée en puissance de ces sujets doit beaucoup à la mobilisation des associations, celle des pouvoirs publics et aux initiatives internationales ( Amérique du Nord et le viol sur les Campus : quand c’est non … c’est non)

Deuxième observation :

Il est encore vrai qu’on observe une inégalité de ton : les violences domestiques et conjugales traitées en mode anecdotique, mineur, les autres, ethniques, politiques, (femmes esclaves sexuelles de Daesh) comme des faits majeurs de géopolitique et de droits de l’homme.

Troisième observation :

Il conviendrait d’accorder du temps au cas

1/des médias audiovisuels de divertissement qui touchent surtout les jeunes (régis par le CSA / Cf affaire Morandini)

2/ à la remise en cause de la laïcité dans l’affaire du burkini : Un certain nombre de mouvances dénoncent une nouvelle forme néocoloniale de violence sociale et psychologique exercée par la république sur les femmes d’autres religions ou cultures. Non sans mettre en danger la cohésion du mouvement féministe.

La réalité est que la presse et les médias sont saturés d’images de violences de toute nature. Trop plein d’images, pas assez de réflexion ? Trop de blabla convenu, pas assez d’exemplarité pédagogique et citoyenne des cas traités ? Trop de distance ou trop de jugement moralisateur ? A vous de juger et donner votre avis.

Marie Christiane Courtioux

 

Avancées de l’Egalité, violences faites aux femmes: l’invitation à débattre de Solidarité Femmes Bassin

En avant-première de la Journée Internationale pour l’Elimination de la Violence envers les Femmes ( 25 novembre), Solidarité Femmes Bassin invite au débat

  • le vendredi 18 novembre 2016 à 20 heures
  • à LANTON, Centre d’animation, route de Blagon
  • sur le thème:

Les avancées de l’Egalité Femmes/Hommes:

Qu’en pense la société ? Qu’en disent les médias ?

le sujet sera traité par Mme Geneviève Couraud, invitée, membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les Hommes et les Femmes

flyer-18-11-2a5 FLYER 18 11 2A5.pagesUn débat suivra

précédé par une courte revue de presse

commentée par Marie Christiane Courtioux sur le thème :

Comment la presse et les médias relatent les violences faites aux femmes*

Avec la participation de

Marie Christine Lipani, directrice adjointe de l’IJBA, présidente de Médiactuelles 2016

Elle viendra en particulier, apporter des réponses à la deuxième recommandation du Haut Conseil : sensibiliser les journalistes et futurs journalistes au traitement de ces informations.

Comment les écoles de journalisme intègrent-elles cette recommandation dans leur programme ?

  • La revue de presse sera publiée ici même le vendredi 18 novembre, afin d’être consultée à volonté par les membres de Médiactuelles, nos lectrices/lecteurs et le public intéressé.
  • Merci de nous faire part de vos commentaires. Merci de vous abonner -gratuitement- au blog.

Colloque : Les femmes invisibles ? dans les médias …

 

A la suite du colloque  » l’invisibilité des femmes dans les médias »
Marie-Christine Lipani publie :

http://theconversation.com/invisibilite-des-femmes-dans-les-medias-comment-installer-les-conditions-du-changement-70721

—————

Auparavant,

…Mais sacrément présentes les 3 et 4 novembre 2016 à l’IJBA à Bordeaux, à l’invitation de Marie Christine LIPANI.

Elle nous adresse le programme mis à jour…

 

« L’invisibilité des femmes dans les médias…

Déconstruction des mécanismes d’exclusion »

 

Vous le trouverez dans le PDF ci joint, à télécharger à volonté :

plaquette-mcl-nouvelle

Et cette superbe affiche … en JPEG …à adresser à vos ami(e)saffiche

Les femmes invisibles dans les médias ?

MEDIACTUELLES a le plaisir de vous convier au débat

organisé les 3 et 4 novembre 2016 à l’IJBA de Bordeaux

avec pour titre

Colloque

L’invisibilité des femmes dans les médias :
déconstruction des mécanismes d’exclusion

3 et 4 novembre 2016

Plateau TV/ IJBA/Bordeaux

 

Ci dessous, le programme en PDF:

mediactuellesplaquette-1

(Image  à la Une : #Le PSG « femmes » @A REAU L’Equipe)

_________

 

Programme

Jeudi 3 novembre 2016

8h30 : Accueil : Marie Christine Lipani, maître de conférences, directrice adjointe de l’IJBA, université Bordeaux-Montaigne, responsable du projet et Anne Geslin-Beyaert, directrice du laboratoire MICA (médiation, information, communication, art), EA 4226 de l’université Bordeaux-Montaigne

9h15-10h30 : Conférence inaugurale : Marlène Coulomb Gully, professeure des universités, Toulouse 2, membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes : « Des parcours d’exception : « 8 femmes sur un plateau » (En) jeux de (re)présentation » 

10h30-10h45 : Pause

10h45-12h45 : Session thématique 1 : Femmes au cœur des entreprises de presse : quelle visibilité ?
Présidente de séance : Anne Geslin-Beyart, professeure en Sciences de l’information et de la communication, université Bordeaux-Montaigne, directrice du MICA EA 4226

Communicantes :
Cégolène Frisque, MCF en sociologie, IUT de la Roche-sur-Yon, CRAPES -Arènes : « Formes d’emploi instables, rapports à la précarité et place du genre dans le journalisme ».

Marie-Christine Lipani, MCF en sciences de l’information et de la communication, directrice adjointe de l’IJBA – université Bordeaux-Montaigne-MICA EA 4226 : « Gouvernance des quotidiens régionaux : les femmes, un genre invisible ? »

Pascale Collision, journaliste et responsable pédagogique à l’Institut Pratique du Journalisme de Paris-Dauphine, chargée de mission diversité et égalité des chances, ancienne présidente de l’association des femmes journalistes : « Femmes et médias, de la pratique professionnelle à la transmission ».

Laetitia Biscarrat, docteure en sciences de l’information et de la communication, ingénieure pédagogique pour le réseau Arpège-approches pluridisciplinaires du genre, université de Toulouse-Jean-Jaurès, membre associée du MICA EA 4226 : « Compter ne suffit pas. Retours sur l’édition 2015 du Global Média Monitoring Project ».

12h45-14h : Déjeuner libre

14h-16h : Session thématique 2 : Etude de cas internationaux
Président de séance : Jean-Jacques Cheval, professeur en sciences de l’information et de la communication, université Bordeaux-Montaigne, Mica EA 4226

Communicants :
Etienne Damone, MCF en sciences de l’information et de la communication, université Bordeaux-Montaigne, MICA EA 4226 « La radio, le média féminin par excellence en Afrique subsaharienne ».

Rayya Roumanos, MCF en sciences de l’information et de la communication, IJBA – université Bordeaux-Montaigne-MICA EA 4226 : « Femmes reporters de guerre au Liban : la tentation du troisième genre ».

Namoin Yao, maître-assistant, ISICA, université de Lomé, chercheure associée au MICA EA 4226 : « De la représentativité des femmes dans le paysage audiovisuel au Togo ».

Myriam Del Vecchio De Lima, professeure au département de communication et au département environnement et développement de l’Université fédérale du Paraná au Brésil, « L’invisibilité des femmes dans le journalisme brésilien et la recherche d’espace « de femmes à femmes  » dans les médias hégémoniques »

16h-16h15 : pause

16h15-18h15 : Table ronde : La sous-médiatisation du sport féminin
Animateur : Stéphane Vacchiani, journaliste, directeur de la communication et de l’événementiel du journal Sud Ouest

Intervenants :
Sandy Montañela, MCF en sciences de l’information et de la communication, université de Rennes,

Arielle Piazza, adjointe au maire de Bordeaux en charge des sports, de la jeunesse et de la vie étudiante

Frédéric Laharie, responsable du service des sports à Sud Ouest

Audrey Ludwig, journaliste, chef d’agence départementale de Sud Ouest dans les Landes

Mélissa Plaza, footballeuse, docteure en sciences du mouvement, spécialisée en psychologie sociale, université de Montpellier, Epsylon EA 4556

18h30 Pot amical

 

Vendredi 4 novembre 2016

8h45 : Accueil : Marie-Christine Lipani, MCF, directrice adjointe de l’IJBA

9h-10h15 : Conférence inaugurale : Éric Macé, professeur de sociologie, université de Bordeaux, chercheur au Centre Emile Durkheim (UMR 5116-CNRS) : « Genre et monstration médiatique : femmes manquantes, femmes manquées, femmes montrées – Montrer le manque des femmes ».

10h15-10h30 : Pause

10h30-13h : Session thématique 3 – 1re partie : Parler aux femmes, parler des femmes
Présidente de séance : Rayya Roumanos, MCF, IJBA

Communicantes :
Karine Taveaux Grandpierre, MCF en sciences de l’information et de la communication, université Paris 13, LabSic, EA 1803, MSN PN : « ELLE, une visibilité sous contrôle, lorsque la dépublicitarisation occulte l’image de la femme »

Claire Blandin, professeure en sciences de l’information et de la communication, université Paris 13, LabSic EA 1803 : « Le silence des expertes »

Bibia Pavard, MCF, Institut Français de Presse, université Paris 2, CARISM,
« Féminisme sur papier glacé ? La rubrique « femmes » de Marie-Claire (1976-1990) »

2e partie : Femmes et champ culturel
Présidente de séance : Viviane Albanga, MCF, IUT Michel de Montaigne

Communicantes :
Annick Batard, MCF en sciences de l’information et de la communication, université Paris 13, LabSic EA 1803 : « Ecrivaines, musiciennes…. Des femmes de culture à la visibilité médiatique »

Michèle Soriano, phd Etudes latino-américaines, université de Pittsburgh, professeure des universités, université Toulouse Jean-Jaurès : « Femmes en rouge (2003) : devenir fameuse en Argentine »

13h 14h30 : Déjeuner libre

14h30-16h30 : Table ronde : Quelle médiatisation pour les créatrices ?

Animation : Viviane Albanga, MCF, IUT Michel de Montaigne, MICA EA 4226

Intervenantes :
Marie Gloris Vaiente, scénariste de bande dessinée, membre du collectif des créatrices de BD contre le sexisme, docteure en histoire contemporaine et enseignante

Catherine Marnias, directrice du Théâtre National de Bordeaux (TNBA)

Christine Le Hesran, rédactrice en chef de France 3 Aquitaine

María Inés Rogríguez, directrice du Musée d’Art Contemporain de Bordeaux (CAPC)

Marie-Emmanuelle Allant Dupuy harpiste, professeur d’enseignement artistique

16h30 : Conférence de clôture : Yves Raibaud, MCF HDR, géographe université Bordeaux-Montaigne, UMR 5185, Ades – CNRS, chargé de mission Egalité femmes-hommes, membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et membre du groupe de travail Droits des femmes du CSA : « Le genre, variable centrale de la violence sociale »

17h30 : Cocktail

 

 

 

 

 

 

 

 

Et qui va faire la vaisselle ?..

En guise de hors d’oeuvre avant la rentrée … quoi qu’elle soit déjà très entamée par les politiques.

Et qui va faire la vaisselle…

Une émission de France Culture à réécouter  : Women’s power, les nouveaux féminismes, dans la série Grande traversée présentée par Charlotte Bienaimé. Elle était consacrée au « travail salarié, travail domestique ». Est-ce qu’on a vraiment progressé vers l’égalité ? Pas sûr.
http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=1559eecb-b340-474c-9f50-815ff26b3898

Le corps des femmes et la loi française : pas de discrimination positive…

DÉBAT MÉDIACTUELLES / BARREAU DE BORDEAUX/ASSOCIATIONS DES DROITS DES FEMMES

Difficile de résumer les débats. Cette rencontre des femmes avec les représentantes du Barreau de Bordeaux, à l’initiative de Médiactuelles, a été en tous points atypique ! Sous le signe de la parole libérée. Et de ce fait, dès l’introduction de la vice-bâtonnière Me Françoise Casagrande, le coup d’envoi d’un échange nourri, d’un véritable bouillonnement.

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…mais de récents progrès largement dus à l’action des associations de femmes,

et à l’ouverture des acteurs concernés, police, gendarmerie, médecine légale, pouvoirs publics, barreaux des avocats…

De fortes personnalités – comme la sociologue Laetitia César-Franquet, les représentantes du Planning familial, du Collectif des femmes, des Femmes Solidaires, autour de Joe Mercier, présidente de Solidarité Femmes Bassin – ont pu prendre la parole et surprendre par la force de leurs informations et de leurs convictions.

Grâce à elles, le débat a permis de tordre le cou à tous les préjugés, à envisager ce qu’on pourrait appeler les « nouvelles tendances », viols de masse, « féminicide », autant de réalités méconnues.

Le corps des femmes est-il protégé par la loi ?

La réponse pourrait être « non ». Mis à part quelques points du code du travail ( pénibilité ou maternité), la loi française repose sur un seul et unique postulat : l’égalité absolue, l’indifférenciation, entre personnes du genre humain. Elle ne fait aucune distinction entre les sexes, de même qu’entre les origines, les couleurs de peau. C’est ce qu’a rappelé avec force Me Anne Cadiot-Feidt, ancienne bâtonnière…par parenthèse, première femme figurant en ultime position sur la longue liste du tableau qui tapisse en partie la grande salle du barreau.

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Au fond, la France, à cet égard, souffrirait d’avoir été la pionnière des Droits de l’Homme !…bien ceux du « genre humain » et non d’un genre, masculin, en particulier. En effet, du point de vue féministe, la situation peut apparaître insatisfaisante.

Me Cadiot-Feidt rappelle que ces distinctions entre genres sont plutôt le fait de sociétés où elles vont de pair avec la permanence du poids social des religions. De sociétés qui ne se réclament- en tout cas- pas de La République.

Dans ce cadre, la protection des femmes vis à vis d’agressions à connotation sexiste ou sexuelle répond-elle bien à la nécessité des situations ?

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Premier constat : Les cas signalés sont nombreux ( rappel du 3919), en augmentation… apparente ? Selon la sociologue, le nombre d’appels ou de plaintes augmente fortement lors des campagnes de sensibilisation. Or les actions de sensibilisation sont en forte augmentation. Opérations dans les transports, tram et train, pour l’agglomération bordelaise, des questionnaires sont distribués. Plus de 85% de femmes déclarent avoir été confrontées à un geste, une parole « déplacés », voire une agression qualifiée !

Me Cadiot-Feidt de rappeler que contrairement aux idées reçues, les actes de violence sont aussi, voire plus nombreux, dans les pays nordiques, pourtant réputés pour leur haut degré d’évolution. La face cachée que révèle certains romans à succès n’en est pas moins sombre. Les violences faites aux hommes aussi, glisse t’elle au passage. On aura remarqué ses brillantes envolées, empreintes de réflexion mais aussi de bon sens, d’une liberté de ton certaine et de  profondeur politique !

 » Les violences faites aux femmes, ne sont pas de simples agressions, Dans certains cas ce sont des actes politiques insupportables ! cf le féminicide  »

« L’amour, le sexe, il faut le raconter aux enfants avec simplicité comme une chose naturelle, belle, une source de vie… »  Autant que la règle absolue du respect de l’humain, cela aussi contribuera à faire baisser le taux des violences liées au mal être et aux préjugés.

Deuxième constat : les femmes victimes ont des difficultés à raconter, à porter plainte. Elle sont besoin d’assistance. Les associations féminines sont leur meilleur atout, rappelle et conseille Me Cadiot-Feidt. Par leur travail militant, elles ont un rôle essentiel à jouer. Et elles sont prises au sérieux.

IMG_0990La preuve avec Joe Mercier et sa fédération, et certaines intervenantes dans la salle, les succès de l’important travail de sensibilisation fait auprès de la Police et de la Gendarmerie, pour rendre décent, pour humaniser l’accueil fait aux victimes ( rapidité, discrétion, compassion …). Ce travail, estime la représentante du Bassin d’Arcachon, porte ses fruits. Au Cap-Ferret – ce n’est qu’un exemple- les jeunes gendarmes sont attentifs et assistent même aux travaux de l’association. Le Commissariat d’Arcachon est ouvert au fait de s’organiser de même. Et rien n’interdit à d’autres villes, d’autres régions, d’en faire autant.

Certaines participantes demandent si d’autres pays offrent une protection supérieure. Si certaines dispositions pourraient être introduites avantageusement en France.

Laetitia César-Franquet cite l’exemple espagnol. Avec la création de tribunaux spécialisés ( reporté par France Inter), aucun pays n’est jamais allé aussi loin. Autant de « conquêtes » qui pourraient être remise en question par une nouvelle majorité politique.

Formation, spécialisation, de tous les acteurs en présence, sont évoquées.

La nature profonde de la loi française, non « sexuée », ne doit pas être une source de malentendu et d’aspirations contradictoires : c’est toute la question de la discrimination positive.

En France, ce concept se heurte dans d’autres domaines, avec la loi de La République.  Mais la preuve a été faite que des dispositions, par le biais de moyens ( aide juridictionnelle), de prise de conscience, de formation, peuvent concourir à améliorer la situation.

  • A la tribune de Gauche à droite, Joe Mercier, Me Anne Cadiot-Feidt, Me Françoise Casagrande, Laetitia César-Franquet, Jean Michel Desplos ( MC Courtioux)

Médiactuelles remercie vivement les oratrices, les témoins,  toutes les participantes. Bien consciente de n’avoir qu’effleuré le sujet*, mais en tout cas d’avoir favorisé le débat, la rencontre et l’information.

Merci à Jean-Michel Desplos qui par son style bienveillant et cool a su favoriser le dialogue d’emblée. 

Merci à tous ceux et celles qui voudront bien ajouter commentaires, et précisions dans la fenêtre ad hoc.

Merci au Barreau de Bordeaux de son accueil : par son prestige et la richesse de sa contribution, il a fortement favorisé le succès de l’événement…dans une salle comble.

Dès réception nous publierons l’intervention liminaire de Me Casagrande, vice bâtonnière.

  • Ainsi ont été cités le nouveau divorce sans juge – les féministes sont plutôt méfiantes, voire hostiles / La prostitution : précision importante des avocates: le corps ( en général, et des femmes en particulier) n’est pas à vendre, car la loi ne prend en considération que les morceaux du corps qui pourraient être prélevés ( ex vente d’organes strictement interdite en France) / Procréation pour autrui, etc.

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