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L’éditorial en presse régionale

 

L’éditorial en presse

régionale en France

L’exemple du quotidien Sud Ouest en Aquitaine

 

Aujourd’hui confrontée à toutes sortes de crises et de bouleversements aussi bien sur le plan économique, que sur le plan organisationnel et structurel, la presse,

dont la plupart des discours analysant sa mission première, insiste sur sa dimension politique,

est-elle encore en capacité d’instituer le débat public (Girard, 2011)

et de quelle manière ?

 

Lire et télécharger la communication de Marie-Christine Lipani

Maitre de conférences

Université Bordeaux-Montaigne Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine, MICA

parue dans la revue internationale Surlejournalisme.com, décembre 2016

Photo A la Une  Sud Ouest, lors du débat préalable, présenté par Marcel Desvergne, président ALIMSO et animé par Marie Christine Lipani ( derrière MD), et Jean Petaux (à gauche) ( A revivre en cliquant sur le lien)

Les éditorialistes de Sud ouest :

Christophe Lucet, Yves Harté, Bruno Dive

 

Editorial par Marie Christine Lipani

Médiactuelles/Edito

Et si de plus en plus d’hommes refusaient (enfin) de cautionner les actions où les femmes sont invisibles…

photo profil 2 copieRien n’est jamais définitivement acquis pour les femmes. Ce n’est pas une nouvelle, certes. Mais depuis quelques temps déjà, des événements, voire des attitudes semblent renforcer cette situation et certains faits peuvent s’interpréter comme « retour en arrière » et demeurent préoccupants.

Sans vouloir dresser ici une liste à la Prévert, citons un ou deux éléments qui nous paraissent majeurs comme par exemple la montée de quelques discours politiques et idéologiques qui peuvent nous faire craindre, un « affaiblissement du droit à l’avortement »[1] (malgré l’adoption récente du texte sur le délit d’entrave numérique, destiné à limiter l’influence des groupes anti IVG).

D’autres comportements font également craindre pour la liberté des femmes. Dans un article intitulé « Ce néoféminisme qui abandonne les femmes et se voile la face » (Marianne, 22 décembre 2016 au 5 janvier 2017, pages 52-53[2]) Martine Gozlan analyse avec une vraie pertinence et lucidité l’attitude de certaines femmes engagées qui : « redoutant d’être accusées d’« islamophobie« , certaines porte-parole de la cause des femmes ferment les yeux sur les agressions et l’islamisme. Elles font même la promotion du voile. Désastreux ».

Propos forts et justes qui se glissent dans la position particulièrement claire d’Elisabeth Badinter quand elle explique qu’il ne faut pas avoir peur de défendre la laïcité. Face à toutes ces menaces sur les libertés des femmes, il faut vraiment rester ferme et déterminé. Il n’y a pas à négocier ou à brader nos libertés.

Dans un autre registre, on ne peut pas, non plus, ne pas évoquer la situation indigne dans laquelle se trouve actuellement Madame Jacqueline Sauvage. Elle a déjà largement payé son acte, nous semble t-il, et personne ne comprend qu’elle puisse encore rester en prison. Il y a dans cette affaire symbolique un manque évident d’humanité. Et dans le même temps, certains hommes (politiques…) qui se comportent comme des prédateurs sexuels ne sont pas plus inquiétés que cela….

L’inégalité des salaires entre femmes et hommes : de la pure discrimination

Du coté de la la sphère professionnelle, d’autres points sont tout aussi inquiétants. C’est en janvier 2017 que la Loi Copé Zimmermann imposant 40% de femmes dans les CA des grandes entreprises, entre en application. Et pour l’instant, le compte n’y est pas vraiment[3]. Pire encore, le palmarès 2016 des patrons les plus performants de Challenges – Oddo & Cie (publié le 8 décembre 2016) présentait cent lauréats et parmi ces derniers, aucune femme….

Ce qui confirme, entre autres, la quasi absence des femmes au sein des postes de direction[4]. L’accès aux plus hautes fonctions dans l’entreprise (quelque soit le secteur industriel d’ailleurs y compris dans les médias) est toujours (plus ou moins) réservé aux hommes.

Rappelons aussi (juste pour le plaisir…) que selon le Forum Economique Mondial, l’égalité entre les hommes et les femmes ne se fera pas avant 2186[5]. Aujourd’hui encore sans aucune raison, si ce n’est de la pure discrimination, les femmes (en France, comme ailleurs) sont toujours moins bien payées que les hommes….

En finir avec les discours sur les hésitations des femmes

Par ailleurs, les femmes, dans les médias français, restent un genre presque invisible quand elles ne sont pas complètement stéréotypées. Nous en avons déjà beaucoup parlé sur le site de Médiactuelles, la question de la place des femmes dans les médias restant bel et bien une de nos préoccupations majeures. Pour mémoire, citons l’étude réalisée entre mai et août 2016 par TF1 qui montre que seulement 25% de femmes expertes sont conviées sur les plateaux ou sollicitées dans les JT de TF1 et LCI. La chaine a promis de lancer des formations mixité pour ses techniciens et ses journalistes.

Enfin, il y a un autre point qui nous interpelle, vraiment, voire nous agace.

Trop de discours (y compris certains tenus par des femmes elles mêmes) reviennent sur l’idée que les femmes n’osent pas, qu’elles s’auto-censurent, qu’elles n’y vont pas, ne veulent pas prendre le pouvoir….

Ces propos, de notre point de vue, n’aident pas les femmes. Au contraire, ils les enferment dans une position de faiblesse, d’infériorité, imposant alors des dispositifs particuliers (une assistance) pour qu’elles accèdent aux postes de premier plan, ce qui ne renforce pas vraiment l’égalité entre les sexes.

Sans doute, certaines femmes hésitent vraiment. On ne le nie pas. Mais la vérité est beaucoup plus crue. Les hommes (une majorité) ne veulent tout simplement pas partager le pouvoir. Ce ne sont pas les hésitations des femmes qui les ralentissent, ou leur manque d’ambition supposé, ce sont juste les nombreux obstacles qu’elles doivent affronter qui bloquent leur accès au pouvoir ou à la visibilité. Les femmes, nous le croyons, sont volontaires et prêtes à relever tous les défis. Il suffit juste que leurs collègues masculins leur laissent un peu plus de place….

On peut malgré tout se mettre à espérer.

Les femmes sont en mouvement et partout elles s’organisent à travers des associations, des collectifs… comme c’est le cas pour Médiactuelles-Les ateliers de l’égalité, pour défendre leurs droits, faire entendre leurs positions et organiser toutes sortes d’actions valorisantes.

Il y a aussi des signes positifs comme notamment la récente reconnaissance législative du Haut Conseil à l’égalité Femmes-Hommes, désormais inscrit dans la loi Egalité et Citoyenneté qui confère à cette structure la mission de réaliser, entre autres, un rapport annuel sur l’état du sexisme.

Demain, il faudrait aussi, comme le suggère notamment les représentants de l’association #JamaisSansElles, pour renforcer la mixité, que de plus en plus d’hommes refusent de participer à un événement public, si aucune femme n’est associée. Ce sont souvent de simples choses qui font évoluer les situations.

Avec vous, avec votre soutien, l’association Médiactuelles-Les ateliers de l’égalité reste mobilisée pour que les femmes prennent toute leur place dans la société, qui, nous ne cessons de le dire, a besoin de l’ensemble des talents et des compétences (qui n’ont aucun rapport avec le sexe) pour faire reculer toutes les menaces qui pèsent sur nos libertés les plus fondamentales, et sur nos valeurs.

Notre structure, cette année encore, vous proposera de nous retrouver à travers différentes actions et nous vous présenterons rapidement notre programme d’événements.

En attendant, toute l’équipe de Médiactuelles : Florence Bord, Agnès Caullier et Marie Christiane Courtioux, se joint à moi pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d’année et le meilleur pour 2017, une année qui nous l’espérons, sera un (grand) pas supplémentaire vers une égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Marie-Christine Lipani

Présidente de Médiactuelles-Les Ateliers de l’égalité.

 

Martine Griffon-Fuco, Dr Isabelle, Cathy Debray, Sigrid, Commandant Christine Bouffière, Brigitte Proucelle et trois Médactuelles, au centre Marie Christiane Lipani, à droite photo Florence Bord, à gauche Marie Christiane Courtioux
Martine Griffon-Fuco, Dr Isabelle, Cathy Debray, Sigrid, Commandant Christine Bouffière, Brigitte Proucelle et trois Médactuelles, au centre Marie Christiane Lipani, à droite photo Florence Bord, à gauche Marie Christiane Courtioux

Maitre de conférences

Directrice adjointe de l’IJBA- Université Bordeaux Montaigne/Laboratoire MICA

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[1] Voir à ce sujet, l’article publié sur elle.fr, le 19/12/2016.

[2] Dossier « Place aux femmes »

[3] Voir l’article : Loi Copé-Zimmermann : les femmes toujours snobées dans les conseils d’administration, publié le 17/12/2016 sur Challenges.fr .

[4] Les femmes compétentes qui réussissent ne manquent pourtant pas, voir la dernière édition du palmarès Women Equity. www.woment-equity.org

[5] http://www.20minutes.fr/monde/1949731-20161026-egalite-hommes-femmes-2186-estime-forum-economique-mondial#

Droits des femmes : quel est le message ?

EDITO

par Marie Christine Lipani

 

 

Droits des femmes : quel est le message ?

Laurence Rossignol, la nouvelle ministre des droits des femmes, dans une longue interview accordée au site Les Nouvelles News[1], a tenté de justifier l’intitulé de son ministère qui associe les droits des femmes à la famille et à l’enfance.

Expliquer que les questions liées à l’égalité professionnelle femmes-hommes se retrouvent aussi dans le partage (ou plutôt le non partage entre les sexes) des responsabilités familiales et domestiques, n’est certes pas faux. Cependant, du point de vue symbolique, rattacher les droits des femmes à la sphère familiale (même si les droits des femmes se retrouvent au sein d’un ministère de plein exercice et non plus au sein d’un secrétariat d’Etat) est loin d’être un message positif et moderne. Lire la suite Droits des femmes : quel est le message ?