Avec Orange, Tsara premier jeu vidéo pour accompagner les personnes avec autisme

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Alexandra Struck Kachani aux commandes du projet TSARA

 

Cette jeune thésarde de l’IEP de Bordeaux est à l’origine d’un projet remarquable : TSARA, le premier jeu vidéo pour apprendre à accompagner les personnes avec autisme, qui sera disponible, gratuitement, en mars 2016. Ce projet est porté par le CREAI d’Aquitaine avec le soutien de la Fondation Orange

Akex Struck Tsara

Tout commence en 2012 pour Alexandra Struck Kachani. Après un parcours de droit, elle termine ses études à Sciences Po et dans le cadre de son master 2, effectue un stage au CREAI d’Aquitaine (Centre Régional d’Etudes, Actions et d’Informations en faveur des personnes en situation de vulnérabilité). L’année 2012 est celle de la grande cause nationale de l’autisme.

La jeune femme a alors l’idée de conduire un projet de serious game sur la diffusion des recommandations des bonnes pratiques de l’autisme. Elle rencontre des professionnels des jeux vidéo, des associations de parents, des acteurs de terrain…, et en 2014, à la suite d’un appel à projet dédié à l’innovation sociale, elle reçoit une aide financière du Conseil Régional d’Aquitaine. Ce qui lui permettra de formaliser les partenariats et surtout d’obtenir le soutien de la Fondation Orange (voir encadré).

Pour développer ce projet, la jeune femme a travaillé avec des ingénieurs en développement, et en sciences cognitives. Elle s’est aussi beaucoup appuyée sur l’expérience des parents. Le principe de ce jeu vidéo est simple. TSARA, à travers des vidéos en réalité virtuelle, met en scène des situations de la vie quotidienne qui peuvent être délicates pour les personnes avec autisme mais aussi pour les accompagnants comme les enseignants, les camarades de classe, les membres de la famille… Pour chaque situation, à l’école, chez le dentiste, à table… un quiz propose différentes réponses et ainsi chaque personne (parent, ami…) en jouant, se familiarise avec les bonnes pratiques[1]. « Je suis très fière de piloter un tel projet, explique la jeune femme, et il s’agit d’un vrai travail d’équipe. Je pense que nous pouvons vraiment faire bouger les choses avec ce jeu, et changer le regard sur l’autisme[2] ».

Transformer un problème familial en une question politique

IMG_8204 Alexandra Struck Kachani ne manque pas de ressources, aujourd’hui chef de projet TSARA au CREAI d’Aquitaine, elle est aussi en train de terminer une thèse sur les politiques publiques de l’autisme. « Il s’agit, précise t-elle, de comprendre comment des coalitions d’associations de parents ont réussi à transformer un problème familial en un problème social et politique, d’étudier comment les limites entre profanes et experts s’estompent petit à petit et de quelle manière les lobbys peuvent construire une politique ». Et d’ajouter : « Il faut pouvoir transformer les représentations sociales et politiques de l’autisme et les associations de parents ont réussi à s’expertiser, à contredire presque point par point scientifiquement les experts psychanalystes ». Soutenance prévue en juillet 2016.

 

Marie Christine Lipani

Plus d’infos : www.tsara-autisme.comwww.creai-aquitaine.org

La Fondation Orange et l’autisme

IMG_8203Brigitte Audy est la Secrétaire Générale de la Fondation Orange. A ses côtés, Pascale Paturle est responsable du domaine Santé-Handicap. Cela fait 25 ans que cette fondation soutient la cause de l’autisme, elle dispose donc d’une véritable expertise sur cette question.

Ce soutien prend différentes formes comme l’accompagnement des familles, des aides pour améliorer les conditions de vie des personnes avec autisme, les conditions d’accueil en établissements spécialisés, le financement de la recherche….   Et dans ce domaine, Pascale Paturle le souligne «beaucoup de femmes chercheuses travaillent sur l’autisme ».

Plus d’infos : www.fondationorange.com

 

[1]Les réponses mises en scène par TSARA sous le contrôle d’un comité d’experts sont toutes issues des recommandations de l’Agence Nationale de l’Evaluation et de la qualité des Etablissements et Services sociaux et médico-sociaux (ANESM) et de la Haute Autorisé de Santé (HAS) en matière d’autisme

[2] La présentation officielle de TSARA a eu lieu le 4 décembre dernier dans les locaux de l’IEP à Bordeaux. Les parents mais aussi les professionnels présents (éducateurs, enseignants….) ont tous salué cette belle initiative.

 

 

 

LIRE AUSSI : « De l’amour en Autistan », l’auteur,

Josef Schovanec

sur le plateau du 13 heures de France2

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